Les « sélections » à Auschwitz : une étape dans un processus d’extermination de masse ?

Abordons le cas des « sélections » opérées à l’entrée du camp d’Auschwitz-Birkenau.
La question est :

Peut-on dire que ces sélections s’inscrivaient dans un processus d’extermination global : extermination lente pour les juifs reconnus aptes au travail, extermination rapide pour les autres (vieillards, enfants, infirmes, femmes enceintes) ?

1°) Sachant que les Allemands avaient un besoin primordial de main-d’œuvre productive, il n’y a aucune raison pour que les juifs reconnus aptes au travail n’aient pas été traités comme les non-juifs, afin qu’ils donnent un rendement maximum (voir l’article « Extermination par le travail : mythe de propagande ») ;

2°) Sachant qu’à Auschwitz, il n’y a pas eu de chambres à gaz homicides, les juifs reconnus inaptes au travail n’ont pas pu y être exterminés (voir l’article « Raison pour laquelle les historiens ne s’intéressent guère aux chambres à gaz »).

La thèse officielle

Mais je sais qu’un esprit pétri par 50 ans de propagande alliée ne se satisfera pas de cette réponse.
Il nous dira :

« Les nazis en voulaient à mort aux juifs. Ils les prenaient pour des parasites, incapables de produire, et des adversaires qu’il fallait éliminer. Dès le 30 janvier 1939, Hitler lui-même, dans un discours public, déclara qu’une nouvelle guerre en Europe signifierait « la destruction de la race juive d’Europe » (Doc. PS-2663 à Nuremberg). L’extermination était donc déjà envisagée ; Hitler n’attendait plus que le prétexte. La haine des nazis était telle qu’ils ont traité cette catégorie d’hommes et de femmes hors de toute considération économique.
A Partir de 1942, les nazis ont décidé de se débarrasser des Juifs. Ils les ont déportés vers l’Est. Là, ils étaient sélectionnés : le plus forts étaient employés à des travaux durs (mines, terrassement, carrières..) qui provoquaient rapidement la mort des forçats. Les plus faibles étaient exterminés, que ce soit à Auschwitz ou un peu plus loin, à Treblinka, à Belzec ou à Sobibor.. Telle fut la conséquence de la logique folle des nazis.

Cette thèse est d’autant plus impressionnante qu’elle s’appuie sur deux réalités historiques indéniables :

- Le fameux discours de Hitler prononcé le 30 janvier 1939 ;
- Le fait qu’à partir de 1942, les juifs d’Europe occupée ont été massivement déportés vers la Pologne.

Le discours d’Hitler du 30 janvier 1939

Dans un premier temps, intéressons-nous au discours du 30 janvier 1939. Nous allons démontrer qu’il ne contient nulle annonce d’une quelconque extermination. Pour saisir le sens exact du passage si souvent cité, il suffit de le replacer dans le contexte. Voici ce qu’a déclaré Hitler le 30 janvier 1939 :

Au cas où la finance judéo-internationale des pays européens et extra-européens réussirait encore à précipiter les nations dans une guerre mondiale, celle-ci se terminerait non par la bolchévisation, et, en conséquence, par la victoire du judaïsme, mais bien par l’anéantissement de la race juive en Europe (die Vernichtung der jüdischen Rasse in Europa).
En effet, le temps n’est plus où les peuples non juifs étaient sans défense dans le domaine de la propagande. L’Allemagne nationale-socialiste et l’Italie fasciste possèdent à présent des institutions qui leur permettent, le cas échéant, d’éclairer le monde sur la nature d’une question dont bien des peuples ont une notion instinctive, mais qui leur paraît obscure au point de vue scientifique.
Pour le moment, la juiverie peut, dans certains États, mener sa campagne avec le concours d’une presse qui est entre ses mains, du cinéma, de la radiophonie, du théâtre, de la littérature etc. Cependant, pour le cas où les juifs réussiraient à nouveau à inciter des millions d’êtres humains à une lutte insensée en ce qui les concerne, et ayant pour unique objet la défense des intérêts juifs, on verra se manifester l’efficacité d’une propagande éducatrice qui, en Allemagne même, a réussi en quelques années à terrasser la juiverie[1].

La dernière phrase, notamment, est capitale. Elle démontre que dans l’esprit du Führer, il n’était pas question d’un anéantissement physique par l’assassinat systématique, mais d’un anéantissement social (expulsion de la vie économique) grâce à une propagande éducatrice orchestrée en direction des goyim.
C’est effectivement ce qui s’était passé en Allemagne à partir de 1935, avec les lois de Nuremberg.

Poursuivons cependant.

Les juifs « aptes au travail » sont utilisés comme main-d’œuvre au même titre que les non-juifs

Les juifs contribuent à l’effort de guerre allemand

Contrairement à ce que l’on serait tenté de croire, les Allemands ne considéraient pas les juifs comme des parasites incapables de produire. La meilleure preuve est qu’ils en utilisèrent pour.. l’industrie de guerre.

Dans son ouvrage, R. Hilberg évoque les ghettos dans lesquels les autorités du Reich « favorisaient les productions à fort taux de main-d’œuvre » :

En conséquence, les articles les plus courants furent les uniformes, caisses à munitions, chaussures de cuir, de paille tressée et de bois, petite quincaillerie (parfois seulement pour le stade de la finition), brosses, balais, matelas, récipients divers, jouets ; à quoi s’ajoutaient la réparation des meubles et le ravaudage des vieux vêtements[2].

Les articles produits firent que « l’armée [allemande] devint rapidement le premier acheteur, et tendit même à évincer les autres » (Id.).

R. Hilberg conclut :

Ainsi les ghettos devinrent-ils partie intégrante de l’économie de guerre (Id.).

Plus loin, il précise :

En 1941, des dizaines de milliers de juifs étaient profondément intégrés à l’industrie de l’armement (Ibid., p. 378).

Certains juifs sont utilisés comme ouvriers spécialisés

On aurait en outre tort d’imaginer que ces travailleurs étaient utilisés à des travaux de force, très durs et ne nécessitant aucune qualification. Lorsque, en 1941, des premières vagues de déportations survinrent, un chef d’entreprise qui travaillait dans l’armement envoya à Berlin un télégramme dans lequel on lisait :

Comme chacun sait, on procède actuellement à une nouvelle déportation de juifs qui touche nos ouvriers juifs laborieusement formés en vue de leur spécialisation. Ils ont été dressés à la soudure et au blindage en zinc, et leur départ entraînerait une diminution de la production, peut-être égale à un tiers [Ibid., pp. 377-8].

J’y vois une preuve que des juifs ont été utilisés dans l’armement en tant qu’ouvriers spécialisés.
Même après les grandes déportations vers l’Est, en 1942, de nombreux juifs restèrent employés dans ce secteur. Dans le Gouvernement général, ainsi, le nombre d’ouvriers juifs qui travaillaient pour la machine de guerre du Reich ne cessa d’augmenter : de 15 091 en janvier 1943, il passa progressivement à 27 439 en mai 1944 (Ibid., p. 461).

Dès 1939, les juifs avaient été utilisés comme main-d’œuvre

Certains pourront me répondre que l’utilisation de quelques « dizaines de milliers de juifs » sur plusieurs millions ne prouve rien. C’est vrai. Mais de très nombreux juifs furent également employés dans d’autres branches.

R. Hilberg explique que dès la fin de l’année 1939 :

A Varsovie, le Judenrat […] constitua un « bataillon de travail » dont les Allemands disposeraient selon leurs besoins. Krüger, haut chef des SS et de la Police pour le Gouvernement général, officialisa la mesure par un décret du 2 décembre 1939, autorisant tous les Judenräte du territoire à organiser des détachements de travail forcé[3].
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Ces détachements furent utilisés « à des tâches urgentes effectuées au jour le jour ou à certains chantiers » (Ibid., pp. 219-220). D’après Hilberg, les Allemands semblèrent « avoir été très satisfaits de ce système » :

Désormais, toute administration qui avait besoin de main-d’œuvre pouvait présenter ses demandes au Judenrat […]. Sur les bureaux des responsables juifs s’étalaient des graphiques où des lignes régulièrement ascendantes montraient l’activité croissante des détachements. Un journaliste allemand, témoin oculaire, écrivait à l’époque [août 1940] :

Dans le Gouvernement général, on peut aujourd’hui voir des troupes juives se déplacer dans les campagnes, la pelle sur l’épaule, sans aucune escorte allemande. Et c’est aussi un juif qui marche en tête

[Ibid., pp. 217-8].

De très nombreux camps de travail pour juifs ont été recensés

Les mois passant, la main-d’œuvre juive fut utilisée toujours plus largement :

L’administration du district de Lublin lança un grand programme d’aménagement fluvial et de construction de canaux, pour lequel elle requit 10 000 juifs répartis en quarante-cinq camps sous la direction générale du Regierungsbaurat Haller. En 1941, le district de Varsovie mit en œuvre un projet similaire, qui exigea environ 25 000 juifs. Vers le milieu de l’année 1941, en Haute-Silésie, le plénipotentiaire Schmelt employait 5 000 juifs, pour 50 pfennigs par jour, à des travaux de force sur l’axe routier Gleiwitz-Oppeln (Opole). Le territoire finit par être parsemé de camps. Le plus important, Markstädt, comptait 3 000 travailleurs juifs […].
Dans les premiers temps, on n’utilisa toute cette main-d’œuvre que sur les chantiers de fossés antichars, d’aménagement hydraulique, de voies ferrées ou autres. Par la suite, des entreprises industrielles vinrent installer des ateliers dans certains camps ; corrélativement, on créa d’autres camps à proximité des grandes usines. Cessant ainsi de correspondre à tel ou tel projet limité, ces aspects du travail forcé devinrent une institution réellement permanente [Ibid., p. 220].

L’auteur poursuit en affirmant que ces camps « prirent rapidement beaucoup plus d’importance » qu’au début, lorsqu’ils avaient été créés pour abriter tel ou tel détachement (Ibid., p. 222).
A plusieurs reprises, il rappelle l’utilisation de la main-d’œuvre juive sur une vaste échelle.
On lit par exemple :

En Haute-Silésie, des dizaines de milliers de juifs avaient été sortis des ghettos pour être dirigés vers des camps par l’Organisation Schmelt, un bureau responsable des réquisitions de main-d’œuvre dans la région de la Silésie [Ibid., p. 450].
Dans les ghettos qui subsistaient dans le Gouvernement général, la SS et la Police s’emparaient des ouvriers les plus forts et les plus qualifiés pour constituer un réservoir de main-d’œuvre forcée industrielle qui serait préservé pendant deux ans environ.
Les « juifs au travail » étaient dirigés sur les camps de travail SS (SS Arbeitslager) et sur les camps des grandes sociétés (Firmenlager). Les camps SS abritaient des entreprises détenues par la SS, un projet galicien de l’Ostbahn et quelques entreprises d’armement [Ibid., p. 455].

Le Catalogue alphabétique confirme ces allégations : il mentionne plusieurs dizaines de camps de travaux forcés pour juifs qui, de 1940 à 1945, employèrent de quelques centaines à quelques milliers d’ouvriers[4]. A cela, il faut ajouter les juifs qui travaillaient dans les camps principaux, dans leurs commandos et dans les ghettos. Dès lors, on ne saurait prétendre que les Allemands n’ont pas utilisé la main-d’œuvre juive.

Un document capital

Enfin, quand on sait combien le Reich manquait de main-d’œuvre (voir l’article « Extermination par le travail : mythe de propagande »), on ne peut croire que ce potentiel ait été gaspillé ; on ne peut croire que ces juifs aient été entassés dans des camps insalubres sans aucun confort, réduits à la famine, roués de coups, pas soignés etc.
Je note d’ailleurs que lors de l’évacuation de ghetto de Varsovie, beaucoup de juifs s’interrogèrent sur le destin qui leur était réservé. Certains croyaient qu’ils allaient à la mort ; mais l’ancien directeur d’un important magasin n’était pas d’accord et expliqua :

Les Allemands ne pouvaient pas être assez stupides pour dilapider l’énorme force de travail que les Juifs représentaient potentiellement. D’après lui, nous [les juifs] étions destinés à des usines, à de grands chantiers où la discipline serait de fer, mais non à la mort[5].

C’était le bon sens même.

Certains me répondront que, bon sens ou pas, cet homme pouvait se tromper. J’en conviens.
Mais je souligne qu’à Nuremberg, l’Accusation a produit un document très important : un rapport du chef de la Police et des SS du district de Galicie datée du 30 juin 1943 (Doc. L-018). On y trouve plusieurs photographies qui montrent les « conditions d’habitation et du travail des juifs »

camp_de_travail_pour_juifsA notre connaissance, il s’agit des seuls clichés publiés d’un camp de travaux forcés pour juifs.

J’appelle l’attention du lecteur sur l’apparente propreté du camp, l’état physique des travailleurs (ils ne sont ni squelettiques, ni revêtus de haillons, ils ont au contraire de gros manteaux).

Voyez également la salle de bain (avec douches et lavabos communs) et les dortoirs[6].

Les dirigeants allemands réclament toujours plus d’ouvriers juifs

Avec la prolongation de la guerre et la crise grandissante de la main-d’œuvre, les dirigeants allemands réclamèrent toujours plus de juifs.

Le 16 décembre 1942, ainsi, l’état-major d’Himmler exigea la déportation à Auschwitz de 10 à 15 000 juifs aptes au travail qui devraient provenir soit du ghetto de Theresienstadt, soit du district de Bialystok[7]. Il est très possible que pour beaucoup d’entre eux, Auschwitz n’ait constitué qu’une étape, car de nombreux travailleurs étaient ensuite envoyés - ou renvoyés - plus à l’Est, dans des camps de travaux forcés établis près du front afin de travailler pour l’Armée.

En 1943, dans une étude sur les mouvements de population en Europe, un démographe américain affirma que la déportation des juifs à l’Est était :

l’équivalent du recrutement pour le travail dans le Reich auquel était soumis le reste de la population de l’Europe contrôlée par les Allemands, et son déplacement chaque fois plus loin à l’Est était sans doute liée à la nécessité de satisfaire les besoins de l’armée près du front »[8].
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En avril 1944, Hitler promit à A. Speer d’entrer si nécessaire en contact avec Himmler pour lui demander la déportation de 100 000 juifs hongrois afin qu’ils travaillent à la construction d’usines aéronautiques souterraines[9]. Un document, confirme que le Führer contacta le Reichsführer des SS et lui demanda non 100 000 juifs, mais le double. Dans une étude, Jürgen Graf écrit :

Les archives allemandes de l’époque nous ont révélé, en toute clarté, la raison de ces déportations massives : l’Allemagne avait un besoin urgent de main-d’œuvre pour son industrie d’armement. Le 9 mai 1944, Heinrich Himmler informa par lettre le chef de Bureau central de la SS ainsi que le chef de la SS-WVHA que

10 000 hommes seraient affectés à la SS, pour la garde de la main-d’œuvre nécessaire au programme de construction Jäger, sinon « le rassemblement, la garde, et l’exploitation rentable d’environ 200 000 juifs » seraient impossibles (47) [note 47 : NO-5689].

Deux jours plus tard, Himmler ajoutait [Ibid.] :

Le Führer a ordonné que 10 000 hommes, avec leurs officiers et sous-officiers, soient affectés à la SS pour la garde des 200 000 juifs que le Reichsführer-SS a fait transférer dans les camps de concentration du Reich pour les employer aux grands travaux de l’O.T. (Organisation Todt) et autres missions militaires importantes »[10].

Le 15 août 1945, le bureau D du WVHA confirma que plus de 500 000 prisonniers étaient comptabilisés et qu’on attendait encore 90 000 juifs de Hongrie, 60 000 juifs de Lodz et environ 460 000 autres (Polonais de Gouvernement général ou de Varsovie, condamnés de droit commun des territoires de l’Est, anciens officiers polonais, « arrivages français » [?][11]).

Conclusion provisoire

Ces documents sont très importants car ils confirment :

1°) Que de nombreux juifs hongrois ont été déportés pour être mis au travail (alors que la thèse officielle prétend qu’ils ont été exterminés à Auschwitz) ;
2°) Que les juifs hongrois n’ont pas été déportés pour en remplacer d’autres qui auraient été exterminés. En effet, s’il en avait été ainsi, il n’aurait pas été utile d’embaucher de nouveaux gardiens ; ceux qui surveillaient les anciens auraient suffi. L’embauche de nouveaux gardes démontre que ces juifs hongrois arrivaient en surnombre ;
3°) Que la main-d’œuvre juive était réclamée en même temps que la main-d’œuvre non juive, très probablement pour les mêmes travaux. Dès lors, on ne voit pas pourquoi les juifs auraient été maltraités, contrairement aux autres.

Le cas des juifs « inaptes au travail »

Parvenu à ce stade de notre exposé, les tenants de la thèse officielle répondront :

Si, vraiment, les Allemands réclamaient de la main-d’œuvre juive pour soutenir leur production de guerre, comment expliquez-vous qu’ils aient également déporté les enfants, les femmes enceintes et les vieillards, qui ne leur servaient à rien ? Il y a là une contradiction insurmontable.

Au début, les « inaptes » ne sont pas destinés à la déportation

Encore une objection qui pourra impressionner le néophyte.
Mais, avant de conclure précipitamment, il faut rappeler une évidence : si, vraiment, la déportation des juifs s’était inscrite dans le cadre d’une opération d’extermination totale, les Allemands auraient, dès le début, raflé tout le monde : hommes et femmes, enfants et vieillards, malades et bien portants, sans considération ni d’âge, ni d’aptitude à travailler.
Cela posé, il est nécessaire de répondre à une simple question :

Dans les pays occupés, et notamment dans les pays de l’Ouest (Pays-Bas, France, Belgique), les Allemands ont-ils, dès le début, réclamé tout le monde ?

Assurément non.

Les documents archivés au Centre de documentation juive contemporaine

Dans son étude déjà cité, E. Aynat écrit :

[…] lors de conversations entre Allemands et Français destinées à organiser une grande rafle à Paris de juifs étrangers et apatrides, on déclara que, parmi la population juive objet de la rafle, il fallait déduire « les juifs malades, inaptes au transport et trop vieux ». On décida également que les enfants dont les parents seraient arrêtés resteraient en France à la charge des organisations juives (25) [note 25 : CDJC, XXVb-55, 8 juillet 1942 (voir une photo du camp de Gurs)].
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Au cours d’une réunion postérieure, on fixa la limite d’âge pour être arrêté lors de la prochaine rafle, qui était imminente, à 55 ans pour les femmes et à 60 pour les hommes (26) [note : CDJC, XXVb-60, 11 juillet 1942][12].

Avec raison, l’auteur y voit la confirmation que les grandes opérations de déportation commencées en 1942 à l’Ouest répondaient à un objectif premier : le recrutement de main-d’œuvre. Il écrit :

Il ressort, à la lecture des documents allemands, que l’objectif des occupants était avant tout de fournir de la main-d’œuvre juive à l’industrie de guerre allemande et, plus précisément, à celle qui était située à Auschwitz. Il s’ensuit que les Allemands n’avaient pas intérêt, à ce moment-là [1942], à arrêter des gens qui ne servaient pas leurs desseins [Id.].

Le document F-274 à Nuremberg

Mais peut-être certains rejetteront-ils les affirmations d’E. Aynat au motif qu’elles émanent d’un révisionniste ? Je leur soumets donc une autre pièce qui vient les confirmer. Il s’agit du document F-274 - déjà cité -, rédigé en 1945 par un fonctionnaire du gouvernement français et présenté par l’Accusation à Nuremberg. On lit :

A partir du moment où les arrestations en France s’intensifient, la déportation doit être organisée rationnellement dans des buts immédiats, définis :
[…]
3°) Augmenter la main-d’œuvre en Allemagne.
[…] L’organisation du convoi elle-même était une première sélection, éliminant les éléments faibles et inaptes au travail[13].
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Ce document confirme que les Allemands voulaient des ouvriers, donc pas d’inaptes (malades, vieillards, femmes enceintes, enfants..). J’ajoute que, dans son ouvrage, R. Hilberg évoque un accord conclu entre la SS et l’armée pour la fourniture d’une main-d’œuvre juive. Là encore, on découvre que seuls les travailleurs devaient être déportés.
L’auteur écrit :

Il n’y avait même pas de place pour la proche famille dans l’accord conclu entre la SS et l’armée [14].

Les déclarations de Seyss-Inquart

Cette séparation inévitable des familles fut cause de scrupules chez A. Seyss-Inquart, qui gouvernait les Pays-Bas occupés.
A Nuremberg, il déclara, à propos des déportations :

Je pensais aussi à l’arrachement dont les familles allaient inévitablement être les victimes, tout au moins jusqu’à un certain point, en cas d’utilisation de la main-d’œuvre (TMI, XVI, 8).

Toutes ces pièces confirment que longtemps, les Allemands n’ont pas voulu déporter les juifs inaptes au travail.

Certes, il avait été décidé que tous les juifs quitteraient l’Allemagne et, plus tard, la sphère d’influence allemande en Europe. Mais pendant la guerre, il est manifeste que, dans les pays occupés de l’Ouest, les inaptes furent au départ exclus des déportations.
Or, si vraiment les Allemands avaient voulu déporter les juifs tombés entre leurs mains pour tous les exterminer, ils n’auraient pas hésité : dès le commencement, ils se seraient emparés de tout le monde - et notamment des enfants ! - qui se trouvaient en France, en Belgique, aux Pays-Bas etc.

Les Allemands ont agi de la même façon avec la main-d’œuvre non juive

Pendant la deuxième guerre mondiale

Notons d’ailleurs que les Allemands ont fait de même avec la main-d’œuvre non juive.

A Nuremberg, F. Sauckel rappela qu’il s’était toujours opposé à l’envoi en Allemagne de personnes trop faibles ou malades. Face aux juges, il déclara

Je dois attirer votre attention sur le fait que j’avais formellement interdit, de mon côté, l’envoi en Allemagne de malades ou de gens incapables de travailler. C’eût été un crime et une impossibilité au point de vue économique (TMI, XV, 26).

Même constat concernant les enfants. Le 1er octobre 1942, une rafle fut organisée dans les quartiers nord de Lublin :

Tous les habitants furent convoqués et rassemblés en un endroit précis. On vérifia tous les certificats de travail, et tous les Polonais, hommes ou femmes, qui ne pouvaient justifier d’un emploi furent emmenés dans un camp [de travail], tandis que les enfants de moins de quinze ans étaient envoyés à l’orphelinat [15].

Citons enfin l’avocat général à Nuremberg, Thomas J. Dodd, qui, le 12 décembre 1945, lança :

Les conspirateurs nazis ne se sont pas contentés d’arracher quelque 5 millions de personnes [les « travailleurs étrangers »] à leurs enfants, à leur maison, à leur patrie (TMI, III, 444).

Ces documents démontrent que les juifs furent traités comme les autres : recrutement des valides, mise à l’écart des inaptes. Nouvelle preuve que les déportations s’inscrivaient dans un plan général de recrutement de main-d’œuvre.

Dès la première guerre mondiale

Allant plus loin, je rappellerai que les Allemands avaient agi de la même façon durant la première guerre mondiale. En France, notamment, dans les zones occupées, les individus valides ayant entre 16 et 60 ans (ou 18 et 55 ans) furent déportés pour y être mis au travail. Le 8 octobre 1916, ainsi, l’auteur d’un rapport intitulé : « Comment l’Allemagne a traité les populations qu’elle avait à charge d’administrer et de ravitailler » parla de :

la violence dont furent victimes les habitants du département du Nord, arrachés en grand nombre à leur foyer et à leur famille, et transportés dans des régions plus ou moins éloignées pour y être contraints au travail[16].

Plus loin, il précisa que :

les personnes déportées […] étaient âgées de dix-huit à cinquante-cinq ans (Ibid., p. 56).

Quelques mois plus tard, un rapport sur les « violations du droit des gens commises par l’ennemi pendant l’occupation des territoires libérés en mars 1917 » déclarait :

Il avait été déjà procédé antérieurement à la déportation de nombreux habitants, que l’envahisseur, séparant sans pitié les familles, envoyait travailler en Allemagne ou dans le nord de la France. Cette mesure est devenue générale et a frappé toute la partie valide de la population des deux sexes, de seize à soixante ans, à l’exception des femmes ayant des jeunes enfants [Ibid., p. 59].

Or, personne ne prétend qu’en 1916 et 1917, les Allemands auraient voulu exterminer les Français du Nord[17].

Tout le monde est d’accord pour affirmer que s’ils déportaient les plus valides, c’était parce qu’ils avaient un besoin urgent de main-d’œuvre. Dès lors, on ne voit pas pourquoi vingt-cinq ans plus tard, les mêmes agissements se seraient cette fois inscrits dans un vaste programme d’anéantissement..

Déportation des « inaptes » : les malhonnêtetés de l’exterminationniste

Là, l’exterminationniste rétorquera que les juifs inaptes au travail furent finalement déportés vers la Pologne. Et profitant de ce que les révisionnistes l’admettent sans difficulté, il lancera :

Puisque les inaptes ont finalement été déportés, votre thèse s’effondre. De plus, je rappelle que les femmes enceintes, les enfants et les vieillards déportés avaient disparu en 1945. Où étaient-ils passés ? Vous êtes bien incapables de me le dire et vous gardez un silence gêné. Eh bien moi, je vous le dis : ils avaient été réduits en cendres dans les crématoires.

L’exterminationniste utilise l’enthymème et inverse la charge de la preuve

Dans un premier temps, je répondrai que l’exterminationniste utilise un procédé logique très pernicieux, l’enthymème, et qu’il inverse la charge de la preuve.
L’enthymème est un syllogisme dont on sous-entend une des prémisses.
Exemple : « Paul est magnanime, donc Paul doit être respecté ».

Le syllogisme complet est : « Paul est magnanime ; or, une personne magnanime doit être respectée, donc Paul doit être respecté ».
Dans cet enthymème, j’ai omis la deuxième prémisse (une personne magnanime peut être respectée) parce qu’elle est évidente. Mais parfois, certains ont recours à ce procédé parce que la prémisse omise n’exprime pas une vérité absolue et qu’il est prudent de l’escamoter.

C’est précisément le cas de l’exterminationniste.
Il déclare :

Les juifs avaient disparu en 1945, donc les juifs ont été tués.

Le syllogisme complet est :

Des personnes disparues ont été tuées ; or, les juifs avaient disparu en 1945, donc les juif ont été tués.

Mais il est bien évident que l’affirmation : « Des personnes disparues ont été tuées » n’est pas toujours vraie, loin de là.

Ceux dont on est sans nouvelles ne sont pas forcément morts, et s’ils le sont, ils n’ont pas forcément été assassinés (ou peut mourir d’accident, de maladie..).
Cette vérité s’applique parfaitement aux juifs déportés : beaucoup d’entre eux (inaptes ou non) ont disparu ; mais on ne saurait en déduire qu’ils ont été assassinés.

Nous avons vu que dans les derniers mois du conflit, les conditions apocalyptiques qui régnèrent en Allemagne furent la cause de nombreuses morts (typhus et autres maladies, froid, dénutrition..) qui ne peuvent en aucun cas être qualifiées d’assassinats. En outre, il faut ajouter tous les juifs qui, « libérés » par les Soviétiques, sont restés bloqués à l’Est (donc ne sont pas revenus) et tous les survivants qui, après 1945, sont partis d’Europe sans laisser d’adresse.
Par conséquent, l’enthymème de l’exterminationniste est un syllogisme erroné, au motif qu’il qualifie de certaine une prémisse seulement possible. Dès lors, la conclusion ne saurait être acceptée[18].

Non content de recourir à un procédé logique pernicieux, l’exterminationniste inverse la charge de la preuve. C’est à lui de démontrer que les inaptes au travail ont été exterminés. En ce qui concerne plus particulièrement Auschwitz, c’est à lui de démontrer que les enfants, les femmes enceintes et les vieillards étaient immédiatement gazés. Ces preuves, nous les attendons toujours, et ce ne sont pas les manuels scolaires qui peuvent nous satisfaire.

De nombreux documents confirment que les « inaptes » n’étaient pas exterminés

Mais encore une fois, je sais que la personne pétrie par plus de cinquante ans de propagande refusera cette réponse. Cette personne est en effet contaminée par l’esprit de Nuremberg selon lequel un « nazi » est automatiquement un coupable, sans même qu’il soit nécessaire de prouver ses « crimes ».
Je rappelle que l’article 21 du statut du TMI déclarait :

Le Tribunal n’exigera pas que soit apportée la preuve de faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis (TMI, I, 17).

Aujourd’hui, ainsi, l’égalité « 1 juif disparu = 1 juif assassiné » est universellement admise, ou presque, donnant la fameuse réplique tant de fois entendue :

Les trains arrivaient pleins et repartaient vides, que répondez-vous à cela ?

Je réponds que si, vraiment, les inaptes au travail avaient été exterminés immédiatement après la « sélection », sans même entrer dans le camp, aucun document ne devrait exister, qui en parlerait ensuite. Or, nous allons voir qu’il n’en est rien.

Le cas des prisonniers non immatriculés à Auschwitz

Prenons l’exemple des prisonniers non immatriculés d’Auschwitz.
D’après la thèse officielle, seuls les déportés qui, lors de la « sélection », avaient été déclarés aptes au travail entraient dans le camp pour se faire immatriculer ; cette immatriculation leur était tatouée sur le bras. Les autres allaient directement aux crématoires sans entrer dans le camp et donc sans être immatriculés[19].
Or, l’ancienne déportée P. Lewinska écrit :

« Il y avait également à cette époque [août 1944] dans une enceinte spéciale du camp 14 000 juives qui n’étaient pas tatouées ».
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14 000 ! Ce n’est pas rien.

Sachant qu’à cette époque, la grande déportation des juifs hongrois s’achevait, tout laisse penser qu’il s’agissait de juives hongroises. Elles avaient été admises au camp sans être immatriculées..
Certes, je ne sais rien du destin qui leur a été réservé, mais l’ouvrage de P. Lewinska s’inscrit en faux contre la thèse selon laquelle les déportés non immatriculés n’entraient même pas au camp.

Le cas des femmes enceintes

Autre exemple : celui des femmes enceintes. Incapables de travailler, elles étaient gazées à l’arrivée nous dit-on. Mais alors, comment expliquer qu’une sage-femme polonaise, ancienne déportée à Auschwitz, ait déclaré plus tard :

Parmi les nombreux convois qui arrivaient sans cesse au camp, les femmes enceintes ne manquaient pas. J’ai exercé mes fonctions d’accoucheuse dans trois blocs successivement […]. J’ai pratiqué de la sorte plus de 3 000 accouchements[20].
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Mensonges d’une femme en mal de reconnaissance ? Nullement.
Une autre ancienne déportée à Auschwitz, P. Lewinska, raconte que

« Au début, on se débarrassait d’elles [les femmes enceintes] par des moyens très rapides » - sans dire lesquels - mais qu’ensuite, tout changea et qu’il fut même question de les libérer[21].

Elle termine en écrivant :

J’ignore si les femmes enceintes ont réellement été libérées, mais je sais que jusqu’à la fin, elles accouchaient au camp [Ibid., p. 123].

Parmi ces déportées juives qui accouchèrent figure une certaine Mme Hanzel. Non seulement son bébé ne fut pas tué mais elle parvint même - par ruse et afin de ne pas en être séparée - à l’introduire dans la section réservée aux femmes à Birkenau.

La surveillante SS ignorait qu’il était défendu d’amener des enfants lors d’un transport. Elle joua avec la petite.

Mais un responsable SS, Buntrock (qui s’occupait vraisemblablement de l’hôpital), s’aperçut de la disparition de l’enfant. Il convoqua la mère qui dut lui révéler la vérité. Fut-elle punie et son bébé tué comme le voudrait la thèse officielle ? Non :

Après l’avoir interrogée, [Buntrock] lui dit finalement

qu’en vertu de son courage et de son amour maternel, elle pourrait rester avec son enfant au camp des femmes.

Il n’y avait aucun doute : le SS Buntrock avait été ému[22].

Mentionnons également Ruth Iliav qui arriva à Auschwitz en décembre 1943. Alors qu’elle en était à son septième mois de grossesse, elle fut sélectionnée et partit à Hambourg pour y effectuer des travaux de déblaiements.
Mais son état ayant été déclaré par la chef de chambre, un médecin SS l’envoya, ainsi qu’une autre, à Ravensbrück

Nous recevons des vivres pour le voyage et quittons Hambourg pour […] Ravensbrück.

Là, on s’aperçut que leur numéro ne faisait pas partie du camp et on les renvoya à Auschwitz. Elle déclare :

La nouvelle arrive jusqu’aux oreilles du docteur Mengele. Et nous recevons bientôt sa visite.

Va-t-il les envoyer au crématoire comme le veut la thèse officielle ? Non :

Il nous ordonne d’aller au quartier réservé pour les malades et d’attendre là l’accouchement. J’attends pendant dix jours, pendant dix jours le docteur Mengele vient me voir. Les douleurs commencent. Une sage-femme détenue me met sur le sol et l’aide à accoucher. Mon premier enfant. Une petite fille. J’aurai bientôt vingt-et-un ans. Malgré la misère, j’éprouve pour la première fois le bonheur d’être mère[23].

R. Iliav n’eut toutefois pas la chance de Mme Hanzel : son enfant décéda au bout de huit jours[24].

Quoi qu’il en soit, j’y vois une confirmation qu’à Auschwitz, les femmes enceintes furent admises au camp et qu’elles y accouchèrent. Mais peut-être m’accusera-t-on de généraliser à partir de quelques témoignages personnels. Je soumets donc au lecteur le document F-274, qui se veut de portée plus générale. On lit :

A Ravensbrück et à Auschwitz, l’inhumanité des Allemands s’exerçait surtout sur les femmes enceintes. Beaucoup d’avortements par piqûre furent pratiqués. Celles auxquelles leurs enfants furent laissés durent travailler normalement (c’est-à-dire à des terrassements ou divers travaux de force) durant les premiers mois de leur grossesse. L’accouchement était pratiqué dans des conditions convenables par des sages-femmes détenues, mais une heure après, la mère devait elle-même regagner son block habituel. L’enfant ne recevait aucun soin, et nous avons le témoignage d’une jeune mère qui fit la toilette de son enfant, le lendemain de sa naissance, avec l’ersatz de café qu’elle avait reçu à son premier déjeuner (Doc RAV. M.D.)[25].

Bien que le document dépeigne la vie au camp sous un jour sombre, on y trouve une nouvelle confirmation que les femmes enceintes étaient admises à non seulement à Ravensbrück[26] mais aussi à Auschwitz, que certaines gardèrent leur enfant, qu’elles accouchèrent « dans des conditions convenables » et que, visiblement, leur enfant survécut (voir une photo de bébés trouvés à Auschwitz en 1945 ; voir une photo de déportés juives avec leurs bébés à Dachau en 1945).
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Lorsqu’on sait cela, on n’est pas surpris d’apprendre qu’en 1983, un « Rassemblement américain des survivants juifs de l’Holocauste » fut organisé à Washington D.C., et qu’un des organisateurs brandissait l’écriteau suivant :

Les survivants qui sont nés ou ont vécu à Auschwitz (Oswiecim) se rencontreront à.. »[27].
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Ce fait confirme que des juifs sont nés à Auschwitz et qu’ils ont vécu et même survécu au camp. Dès lors, que reste-t-il de la thèse officielle ?

Le cas des enfants déportés

Venons-en maintenant aux enfants déportés. Le cas le plus intéressant reste de celui des petits juifs et des petites juives arrêtés lors de la rafle du Vel’ d’Hiv’ en juillet 1942. Comme nous l’avons vu, les Allemands n’en voulaient pas.
Dans son étude déjà citée, E. Aynat écrit :

Eichmann avait décidé, en fin de compte, que l’on déporterait les enfants juifs arrêtés lors de la grande rafle des 16 et 17 juillet. Ceci étant dit, il est important de souligner que, d’après le document, les enfants juifs allaient être déportés dans le Gouvernement général, non à Auschwitz. Auschwitz fut en effet incorporé au territoire du Reich en septembre 1939 et ne fit jamais partie du Gouvernement général. Ce détail mérite d’être souligné car il montre qu’au moins jusqu’au 20 juillet 1942, A. Eichmann, le responsable le plus élevé de la déportation des juifs, n’avait pas envisagé d’exterminer les enfants juifs français à Auschwitz[28].

Dans son ouvrage, R. Hilberg confirme indirectement cette assertion lorsqu’il écrit :

Le programme de Himmler prévoyait que tous les juifs non productifs seraient déportés dans le Gouvernement général avant la fin de 1942[29].

Toutefois, les enfants juifs de France connurent un sort un peu différent de celui qui était prévu. Dans son étude, E. Aynat explique que le 11 août 1942, la police allemande de Paris envoya un télétype au RSHA afin de savoir comment la déportation aurait lieu. Il poursuit :

Deux jours après, le RSHA répondait par un autre télétype qui ordonnait d’envoyer les enfants juifs « progressivement » (nach und nach) avec les convois d’adultes prévus à Auschwitz. En « aucun cas » (keinesfalls) ne pouvaient être mis en route des convois composés exclusivement d’enfants. Ce télétype porte un en-tête semblable au premier : « Concerne : déportation de juifs à Auschwitz, là-bas évacuation des enfants juifs »[30].

Et Aynat d’expliquer :

A notre avis, il faut interpréter ces documents de la manière suivante : il était prévu au départ de déporter les enfants juifs dans le Gouvernement général, mais, comme il n’était pas conseillable - certainement pour des raisons de propagande - de faire rouler des convois composés en totalité d’enfants, on décida de les envoyer petit à petit, mêlés aux juifs adultes, dans les convois destinés à Auschwitz ? Une fois là-bas (dort hier), à Auschwitz, les enfants seraient déportés de nouveau, probablement vers le Gouvernement général. Cette interprétation respecte le texte des en-têtes des télétypes en même temps qu’elle est cohérente avec le contexte.
En somme, ce qui ressort de l’examen de ces documents est que le but principal des Allemands était de fournir de la main-d’œuvre juive à l’industrie de guerre située à Auschwitz. En ce qui concerne la déportation des enfants et des personnes inaptes au travail, l’intention était de les déporter vers le Gouvernement général. Néanmoins, en raison des circonstances, ils furent également déportés à Auschwitz, même s’ils n’y furent probablement qu’en transit.
Cette version semble pouvoir s’accorder avec la thèse généralement acceptée de la déportation en vue de l’extermination. Si les Allemands avaient vraiment voulu anéantir tous les juifs, ils n’auraient pas pris la peine de réaliser de longs mémorandums sur les conditions que devaient réunir ceux qui étaient envoyés en déportation, ni n’auraient hésité à y inclure les enfants. La logique aurait voulu que, dès le départ, ils déportent tous les enfants qu’ils arrêtent [Ibid., pp. 18-9].

Le cas des enfants juifs raflés à Paris atteste qu’Auschwitz servit également de camp de transit, y compris pour les inaptes au travail. Ils y passaient mais n’y restaient qu’un temps, avant de partir ailleurs. Ce fait est capital, aussi vais-je y consacrer quelques développements.

Auschwitz, également camp de transit

Certains pourront être surpris que des juifs « inaptes » soient passés par un camp dit « d’extermination » sans être assassinés. Mais il existe d’autres cas attestés. Dans son étude, E. Aynat évoque par exemple la déportation des juifs slovaques qui a eu lieu quelques mois avant la rafle du Vel’ d’Hiv’. Il écrit :

Il est intéressant également d’observer ce qui est arrivé aux juifs slovaques déportés au printemps 1942. Du 27 mars au 14 juin 1942, autour de 38 000 personnes, dans 38 trains, furent déplacées. Sur ces trains, 4 allèrent au camp de concentration de Majdanek (Lublin, Pologne) ; les 34 autres transportèrent leurs membres dans différentes localités de la région de Lublin (Lubartów, Opole, Luków, Chelm, Pulawy, Sobibor..). La majorité de ces convois étaient composés de familles. Plusieurs trains furent soumis à un processus de « sélection » en passant par Lublin. Ceux qui furent considérés aptes au travail furent internés à Majdanek. Les autres poursuivirent leur voyage. Une proportion considérable des déplacés échouèrent dans des « ghettos de transit » (Durchgangsghettos). Après un séjour dans ces ghettos, qui peut varier entre quelques jours ou semaines et de nombreux mois, les juifs furent déportés de nouveau. Cette seconde déportation s’effectua, dit-on, vers les « camps de la mort »(99)[31][32].

Or, il faut savoir que d’après la version officielle, Majdanek aurait été un camp d’extermination jusqu’en novembre 1943[33], avec chambres à gaz et crématoires. Par conséquent, et si l’on en croit la version officielle, les juifs slovaques déclarés inaptes auraient dû être exterminés là-bas, immédiatement après les « sélections ».

Et pourtant, on admet qu’il « poursuivirent leur voyage ». C’est bien la preuve que des juifs pouvaient passer par un camp dit « d’extermination », ne pas être retenus comme ouvriers, et repartir.
E. Aynat poursuit ainsi :

Par analogie, il y a lieu de penser que les trains de juifs venant de France et de Belgique suivaient un parcours similaire, à ceci près que le voyage durait plus longtemps. Il existe également une autre raison. Comme cela été signalé, les Allemands avaient prévu de déporter des milliers de travailleurs juifs à Auschwitz pour les employer dans l’industrie […]. Il est alors logique que, devant évacuer les enfants et, d’une manière générale, les personnes inaptes au travail, ils l’ont fait dans les mêmes convois que ceux des travailleurs. De cette manière, tous arrivèrent ensemble à Auschwitz. Les vieillards, les femmes et les enfants attendaient à Auschwitz jusqu’à ce qu’on organise de nouveaux convois ou que l’on prenne les dispositions en vue de les accueillir dans les zones d’installation à l’Est [Ibid., p. 45].

Des enfants ont vécu à Auschwitz

Le fait que des enfants (jeunes ou adolescents) aient vécu assez longtemps à Auschwitz est indéniable. Certains petits déportés étaient d’ailleurs tatoués, ce qui gêne manifestement les tenants de la thèse officielle.

Voyez comment, à 24 ans d’intervalle, la FNDIRP a fait disparaître le tatouage sur une photo d’un bébé déporté.
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Dans son édition de 2003, un manuel d’Histoire pour classes de troisième, le Bréal, publie un dessin exécuté par un enfant interné à Auschwitz ; il montre un appel à Birkenau (probablement au camp des femmes)[34]. De nombreux autres dessins de ce genre existent. Trente-deux d’entre eux ont été publiés en 1965 dans l’ouvrage d’Inge Deutschkron intitulé dans sa version française : Tel était leur enfer (éd. La Jeune Parque). P. Marais les a soigneusement étudiés. Fait révélateur : il n’y pas trouvé le moindre début de représentation d’une quelconque chambre à gaz ou d’un quelconque meurtre de masse. Il écrit :

L’examen attentif de ces trente-deux dessins du livre d’I. Deutschkron nous révèle qu’ils dépeignent le monde concentrationnaire qu’ont pu vivre des enfants internés tels qu’il a été maintes fois décrit par des témoins dignes de foi et tel qu’il peut être aisément imaginé par ceux qui ne l’ont pas connu. Rien dans ce qu’ils représentent avec précision ou évoquent ne heurte la vraisemblance et n’a jamais été contesté : arrestations, déportation, travaux forcé, mauvais traitements, exécution par pendaison et arme à feu, l’épouvante et la maladie, visible sur les visages, incinérations en four crématoire. […] ces enfants connaissaient parfaitement l’existence d’installations de désinfection (voy. le dessin n° 16 : bâtiment portant l’inscription ENTWESUNG). Mais, et c’est là le point important, aucun de leurs dessins, pas même ceux (n° 5, 12, 25 et 32) attribués à Jehuda Bacon, déporté à Auschwitz [à l’âge de 14 ans], ne décrit ou n’évoque une chambre à gaz homicide d’exécutions collectives. Or, il nous paraît évident que, s’il existait des dessins d’époque décrivant ou évoquant les « chambres à gaz », des auteurs, et notamment I. Deutschkron, n’auraient pas manqué de les faire publier, ce qui eût constitué un argument en faveur de la thèse de la réalité historique de ces chambres ; de tels dessins, manifestement, n’existent pas. On peut alors se poser les questions suivantes : comment des enfants déportés à Auschwitz-Birkenau ayant connu l’existence — qui n’était nullement tenue secrète — des fours crématoires — puisqu’ils les ont représentés — auraient-ils pu ignorer, si cela était vrai, que l’on y gazait continuellement des trains entiers de déportés ? Comment n’auraient-ils pas trouvé un mode de représentation quelconque de telles horreurs ? Et comment ne pas conclure, devant cette collection que nous considérons comme édifiante, que si les enfants déportés n’ont pas dessiné de chambres à gaz homicides, c’est tout simplement parce qu’ils n’en ont jamais vu ni entendu parler ?.

Sans être des preuves définitives, ces dessins renforcent la version selon laquelle des inaptes au travail (ici, des enfants) arrivèrent à Birkenau et y vécurent sans être exterminés et sans même entendre parler d’exterminations..

Sobibor, Treblinka, Belzec et Chelmno : camps d’extermination ?

Dans son ouvrage, Arthur R. Butz rappelle qu’en décembre 1943, 5 000 juifs du ghetto de Theresienstadt arrivèrent à Auschwitz et que, six mois plus tard, environ 2 000 d’entre eux avaient été mis au travail, 1 452 étaient encore en quarantaine et 1 575 étaient considérés comme « prêts pour le transport » (Vorbereitung zum Transport)[35]. J’y vois la preuve que des juifs passaient uniquement par Auschwitz, le temps d’une quarantaine, avant de repartir.

Mais repartir pour où ? Certains me répondront :

Pour les camps de la mort, c’est-à-dire à Sobibor, Treblinka, Belzec ou Chelmno. Là, il n’existait aucun commando de travail, tous les juifs qui arrivaient étaient immédiatement gazés ».

Une thèse qui se heurte à deux faits

Avant même d’aller plus loin, j’affirme que cette thèse se heurte à deux faits :

1°) Puisque, d’après l’histoire officielle, Auschwitz et Majdanek étaient des « camps mixtes », c’est-à-dire prévus pour la mise au travail et pour l’extermination rapide (chambres à gaz)[36], on ne voit pas pourquoi les Allemands auraient transféré ailleurs les inaptes au travail afin de les gazer. Cette façon d’agir aurait entraîné des pertes de temps, une mobilisation inutile de trains, des pertes de carburant etc. dans une période où l’on cherchait précisément à minimiser les gaspillages ;

2°) A supposer que, depuis le début, les inaptes au travail aient été promis à la chambre à gaz, pourquoi les Allemands les auraient-ils mis six mois (ou plus) en quarantaine, période pendant laquelle il aurait fallu - au minimum - leur allouer des baraques et les nourrir ?

Les clichés aériens confirment qu’il ne s’agissait pas de camps d’extermination

Cependant, allons maintenant plus loin. Oublions ces deux obstacles logiques. La thèse officielle n’en sera pas sauvée pour autant. Car on sait aujourd’hui que ni Sobibor, ni Treblinka, ni Belzec n’ont été des camps d’extermination.
Les clichés aériens de ces lieux pris par les Alliés pendant la guerre et analysés dans les années 90 le démontrent amplement ; on n’y voit ni chambres à gaz homicides, ni fosses communes, ni bûchers d’incinération[37] (voir l’article « La vérité sur Treblinka »).

Les « camions à gaz » de Chelmno n’ont jamais existé

Quant à Chelmno (Kulmhof), l’histoire des gazages homicides qui auraient été perpétrés dans des camions spécialement aménagés à cet effet (les « camions à gaz ») a été réfutée par Pierre Marais[38].

De simples camps de transit

Mais alors, à quoi servaient-ils ? Répondre à cette question nécessite un petit retour dans le passé.

Les Allemands voulaient expulser les juifs hors de leur sphère d’influence

sturmer_expulsion_juifsDepuis 1938, les Allemands souhaitaient ardemment se débarrasser des juifs.
A l’époque, il s’agissait de les envoyer soit en Pologne - et dans ce cas, il serait plus exact de parler de renvoi, car étaient concernés les ressortissants polonais établis dans le Reich[39] - soit dans d’autres pays susceptibles de les accueillir[40] (voir un dessin d’époque ci-contre). Afin de coordonner cette action, le 24 janvier 1939, H. Göring créa le Centre d’émigration juive dont le chef serait R. Heydrich (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 341).

Sans surprise, le déclenchement de la guerre vint tout bouleverser. Mais si, un moment, la question juive fut reléguée à l’arrière-plan, elle ne fut jamais oubliée. Après la défaite de la France, un service du ministère des Affaires étrangères allemand proposa que, lors du futur traité de paix, l’île de Madagascar soit cédée aux Allemands qui pourraient alors y envoyer « des millions de juifs ».

heydrich-1Ce projet enthousiasma Heydrich[41], preuve qu’en 1940/1941, les dirigeants nationaux-socialistes envisageaient toujours l’évacuation des juifs.

Mais il fut abandonné au début de 1941, car il ne pouvait être question de transporter tous les juifs par bateau en pleine guerre[42].

La fameuse lettre du H. Göring à R. Heydrich en date du 31 juillet 1941

Une période d’attente suivit, où rien d’important ne se passa. Les juifs étaient concentrés dans des ghettos. Le 24 juin 1941, R. Heydrich informa le ministre des Affaires étrangères du Reich que la solution d’ensemble de la question juive concernait 3,25 millions de juifs disséminés dans toute la sphère d’influence allemande, donc qu’on ne pouvait plus espérer la résoudre par la voie de l’émigration ; une solution territoriale s’imposait[43].

Quelques semaines plus tard, les victoires fulgurantes sur l’Armée rouge et la certitude que l’URSS serait écrasée vers la fin du mois d’août[44] firent germer dans l’esprit de certains un nouveau plan : l’évacuation des juifs à l’Est, au-delà du Gouvernement général, dans les territoires devenus accessibles suite au recul de l’armée soviétique (Ukraine, Biélorussie, Lituanie, Lettonie, voire même de l’Estonie).

C’est ainsi que le 31 juillet 1941, H. Göring écrivit une lettre capitale à R. Heydrich. Après lui avoir rappelé que, par décret du 24 janvier 1939, il avait été chargé d’obtenir une solution à la question juive « par la voie de l’émigration ou de l’évacuation » (in Form der Auswanderung oder Evakuierung), il lui demandait, en tant que personne compétente,

de procéder à tous les préparatifs nécessaires sur le plan de l’organisation et des question concrètes pour aboutir à une solution totale de la question juive dans la zone d’influence allemande en Europe (Gesamtlösung der Judenfrage im deutschen Einfluβgebiet in Europa)
(voir le document tel qu’il apparaît dans les compte rendus du procès de Nuremberg)[45].
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La « Solution totale » de la question juive signifiait l’évacuation des juifs à l’Est

Dans un manuel d’Histoire pour classes de terminale paru en 1983, les auteurs présentent cette lettre comme une « proclamation » de l’ « extermination totale et planifiée ». Sous le titre, « Les étapes du génocide », on lit :

«30 [sic] juillet 1941 : proclamation de la “solution définitive” (ou “solution finale”) par Göring dans une lettre à Himmler [sic] : extermination totale et planifiée »[46].

C’est une absurdité. Quand on lit correctement la missive et qu’on la replace dans son contexte, il apparaît clairement que la « solution totale » envisagée était l’expulsion des juifs et leur installation loin à l’Est.

Face à ses juges, d’ailleurs, H. Göring en confirma le contenu et rappela qu’à sa connaissance, la politique allemande envers les juifs étaient restée la même jusqu’à la fin. Au procureur général adjoint britannique qui lui demandait :

Vous saviez qu’il existait une politique qui visait à l’extermination des juifs ?

il répondit sans détour :

Non, une politique d’émigration et non pas d’extermination des juifs (TMI, IX, 655).
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Il ne fut pas le seul à parler ainsi : convoqué comme témoin, l’ancien chef de la Chancellerie du Reich, Hans Lammers, certifia qu’H. Himmler ne lui avait jamais parlé d’une extermination des juifs, mais juste d’un programme d’expulsion et qu’il avait fallu attendre la fin de la guerre pour qu’il entende parler de 5 millions d’exterminés[47] (voir document).
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De multiples confirmations

A une exception près (pour A. Seyss-Inquart), je ne perdrai toutefois pas mon temps à citer tous les autres dirigeants nationaux-socialistes qui, après 1945, confirmèrent l’existence de cette politique d’évacuation vers l’Est à partir de l’automne 1941, car il est toujours aisé de répondre qu’ils mentaient pour tenter de sauver leur tête. Je préfère donc mentionner des faits ou des documents qui l’attestent. Ils sont nombreux. En voici quelques-uns dans l’ordre chronologique :

- 10 octobre 1941 :

lors d’une conférence sur la “Solution finale” du RSHA, Heydrich déclara que Hitler désirait vider le Reich de ses juifs, dans toute la mesure du possible, d’ici à la fin de l’année. Après quoi le chef du RSHA évoqua les déportations imminentes en direction de Lodz et mentionna Riga et Minsk

(voy. R. Hilberg, op. cit., p. 757). ). Je rappelle que Minsk se trouve en Biélorussie (un ghetto y avait été édifié le 12 juillet 1941[48]), Riga en Lettonie ;

- 13 novembre 1941 :

La communauté juive de Cologne adressa une lettre à tous les juifs de sa juridiction pour leur annoncer “un autre transport de 1 000 personnes, à destination de Minsk” le 8 décembre

(Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 391). Dès l’automne 1941, donc, des juifs étaient envoyés là-bas ;

- Dans une publication du Service international de recherches de la Croix-Rouge, on apprend qu’«

à partir de novembre 1941, un grand nombre de “juifs du Reich” […] furent envoyés dans des ghettos, tels ceux de Kovno et Riga»[49].

Kovno s’appelle aujourd’hui Kaunas et se trouve en Lituanie ; un ghetto y avait été établi le 9 juillet 1941 (voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 169) ;

- Jusqu’au 6 février 1942

25 103 juifs ont été évacués en 25 convois vers Riga et installés dans des camps ou plus exactement dans des ghettos [50] ;

- 9 janvier 1942 :

Début de la déportation vers l’est des internés du ghetto de Theresienstadt. 1 000 hommes, femmes et enfants sont déportés à Riga (Lettonie) et 400 juifs environ au camp de concentration voisin de Salaspils, où ils sont assassinés [pourquoi les avoir emmenés si loin rien que pour ça ?]

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 45)

- 11 janvier 1942 :

1 000 juifs de Vienne sont déportés vers le ghetto de Riga (Lettonie)

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 46)

- 15 janvier 1942 :

1 000 juifs sont déportés du camp de concentration de Theresienstadt au ghetto de Riga (RSS de Lettonie).

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 49) ;

- En 1942, un témoin oculaire, I. Hertz, signala dans un témoignage présenté au Comité antifasciste d’Union soviétique la présence de juifs français et belges en Ukraine :

Des convois de juifs sont arrivés dans la station de chemin de fer de Lvov depuis Tarnopol, Sambor et Brzeziny, et le chargement humain est arrivé à Belzec. En outre, des trains contenant des juifs de Bruxelles, d’Amsterdam et de Paris ont traversé Lvov ; ils ont été envoyés dans le même centre d’extermination [sic] [51].

Sachant que jamais Belzec n’a été un « centre d’extermination », je ne m’attarderai pas sur les allégations des témoins à ce propos. Je retiendrai juste qu’en 1942, des juifs de l’Ouest se trouvaient en Ukraine et passaient par Lvov ;

- 6 mai 1942 :

un train de 1 000 juifs partit de Vienne et arriva deux jours plus tard à Volkovysk, une ville frontière entre la Pologne et la Biélorussie. Là, les juifs furent transbordés et emmenés dans un autre train jusqu’à Minsk où ils arrivèrent le 11 mai

(Voy. R. Hilberg, op. cit., pp. 400-1 ; S. Wiesenthal, op. cit., p. 122) ;

- 9 mai 1942 :

Un transport de 1 000 juifs quitte le camp de concentration de Theresienstadt […] pour le ghetto d’Ossovo (RSS d’Ukraine)

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 123) ;

- 20 mai 1942 :

986 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) à Minsk (capitale de la RSS de Biélorussie)»

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 129) ;

- 14 juillet 1942 :

Un convoi de 1 000 hommes, femmes et enfants juifs quitte le ghetto de Theresienstadt en direction de Minsk.

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 174) ;

- 13 août 1942 : alors que, depuis la fin juillet, 5 000 juifs partaient quotidiennement en train de Varsovie vers Treblinka, l’Obergruppenführer Wolff, chef de l’état-major de Himmler, écrivit à M. Ganzenmülller, du ministère des Transports :

C’est avec une joie toute particulière que j’ai lu que depuis deux semaines aujourd’hui, un train acheminait, chaque jour, 5 000 membres du peuple élu à Treblinka, de sorte que nous sommes maintenant en mesure de procéder à ce mouvement de population (Bevölkerungsbewegung) [souligné par moi] à un rythme accéléré

(Cité par R. Hilberg, op. cit., p. 422). Preuve que les déportations vers Treblinka s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste opération d’expulsions (à moins de prétendre que les Allemands auraient employé un langage codé, « mouvement de population » signifiant « extermination » ; mais cette thèse est inepte, pour savoir pourquoi, voir l’article « Le mythe du « langage codé » ») ;

- 28 août 1942 : une conférence sur les « questions juives » (Judenfragen) eut lieu à Berlin. De façon extrêmement révélatrice, on y parla du « problème actuel de l’évacuation » (Evakuierungsproblem) et il y fut convenu d’acheter immédiatement (sofort) des baraquements pour l’installation d’un camp.. en Russie. Dans un compte rendu rédigé quatre jours plus tard, on lit :

Le SS-Oberstrumbannführer Eichmann fit savoir, au cours de la réunion, que le problème actuel de l’évacuation (déportation des juifs apatrides) doit être réglé avant la fin de l’année civile. Pour la déportation des autres juifs étrangers restants, le terme est prévu fin juin 1943 […]. e) Achat de baraquement. Le SS Obersturmbannführer Eichmann a demandé que l’on procède immédiatement à l’achat de baraquements commandés par le chef de la police de sécurité de La Haye. Le camp doit être installé en Russie. L’envoi des baraquements peut se faire de manière à ce que chaque train emporte 3 à 5 baraquement »[52].

C’est la preuve que des juifs étaient évacués très loin vers l’Est ;

- 1er septembre 1942 :

Un convoi de 1 000 hommes, femmes et enfants juifs quitte le ghetto de Theresienstadt pour Rasika (Estonie)

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 215) ;

- 19 septembre 1942 :

Un convoi de 1 000 juifs du camp de concentration de Theresienstadt est envoyé à Minsk-Trostinets (RSS de Biélorussie)

(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 232) ;

- 2 octobre 1942 : un message envoyé de Berlin à Auschwitz autorisa un camion de cinq tonnes à effectuer un voyage aller-retour à Dessau « dans le but d’aller chercher des matériaux pour le transfert de la population juive »[53]. Sachant que la thèse du langage codé est une aberration, on en déduit qu’à Auschwitz se trouvaient des juifs en transit ;

- 16 octobre 1942 : comme s’il voulait confirmer le compte rendu du 1er septembre 1942, l’Israelistisches Wochenblatt, organe suisse d’information, écrivit :

Depuis quelque temps, la tendance est à la dissolution des ghettos en Pologne. Ce fut le cas de Lublin, puis ce fut le tour de Varsovie. On ne connaît pas l’ampleur qu’a déjà prise l’exécution de ce plan. Les anciens habitants du ghetto vont plus à l’Est dans les territoires russes occupés [souligné par moi], ils sont partiellement remplacés par des juifs d’Allemagne. […] Un témoin, qui était à Riga il y a peu de temps et qui est parvenu à s’enfuir, rapporte qu’il y aurait encore, actuellement, 32 000 juifs dans le ghetto de Riga. Depuis l’occupation, des milliers de juifs seraient morts. Maintenant, les juifs doivent, le matin, partir en rangs, pour le travail forcé à l’extérieur de la ville. […] Dans les derniers temps, on a remarqué à Riga des convois de juifs de Belgique et d’autres pays d’Europe de l’Ouest qui continuaient cependant leur voyage vers une destination inconnue [souligné par moi]

(Voy. J. Graf, art. cit., pp. 210-1) ;

- 5 décembre 1942 : Himmler fut avisé qu’en raison d’une interruption des transports

toute possibilité de transport destiné à la réinstallation des juifs [serait] suspendue du 15 décembre 1942 au 15 janvier 1943

(Cité par R. Hilberg, op. cit., p. 422). Là encore, c’est clair : il n’est pas question d’extermination, mais de « réinstallation ».

- Dans le courant de l’année 1943, A. Seyss-Inquart eut des conversations avec Hitler au sujet des juifs. A Nuremberg, cet accusé qui ne recula pas devant ses responsabilités déclara :

[Hitler] m’a assuré de la manière si persuasive qui était la sienne et il a tout de même admis en même temps qu’il songeait à une évacuation définitive des juifs, si possible, de tous les pays de l’Europe avec lesquels l’Allemagne voulait rester en relation amicale. Il avait l’intention de veiller à ce que les juifs fussent établis à la frontière orientale des zones d’intérêt allemandes, dans la mesure où l’on ne pourrait pas les faire émigrer dans d’autres parties du monde (TMI, XVI, 8)[54]

- Août-septembre 1943 : le ghetto de Vilnius (au sud de la Lituanie) fut dissout. Où les juifs furent-ils envoyés ? A Auschwitz ? A Treblinka ? Non : « Les Allemands envoyèrent la plupart des habitants [plus haut encore] en Estonie ou en Lituanie » (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 33 ; voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 236).

- 19 mars 1944 : en Russie blanche, les troupes de l’Armée rouge découvrirent, près de Ozaritschi,

trois camps de concentration où se trouvaient plus de 33 000 enfants, femmes, malades et vieillards : 15 960 enfants de moins de 13 ans, 13 072 femmes malades et 4 448 vieillards (Doc. URSS-004 ; TMI, VII, 579) ;

- Avril 1944 : un journal communiste clandestin, Notre Voix, annonça que, d’après Radio-Moscou,

Huit mille juifs de Paris [venaient] d’être sauvés par la glorieuse Armée rouge. Ils se trouvaient tous en Ukraine au moment de la dernière offensive soviétique et les bandits SS devaient les fusiller avant de quitter le pays [55].

Là encore, passons sur les prétendus plans sinistres de SS pour ne retenir que le fait brut : en avril 1944, des milliers de juifs français se trouvaient encore en Ukraine ;

- 15 mai 1944 : un convoi partit de Drancy avec environ 900 juifs. Une partie des prisonniers descendit à Kaunas, en Lituanie, l’autre fut acheminée jusqu’à Reval (Tallin) en Estonie[56] ;

- 1er octobre 1944 : le quotidien Libres parle du camp de Kloga, près de Reval, où, juste avant de partir, les Allemands auraient massacré 3 000 détenus « parmi lesquels se trouvaient de nombreuses femmes et enfants » (p. 1).

- 8 février 1946 : à Nuremberg, le procureur général soviétique, le général R. A. Rudenko, confirma que les Allemands avaient créé un vaste complexe de camps à l’Est. Dans son exposé introductif, il déclara :

Les enquêtes menées par la Commission extraordinaire d’État de l’Union soviétique ont établi qu’au front, derrière leurs premières lignes de défense, les hitlériens créaient systématiquement des camps de concentration spéciaux, dans lesquels se trouvaient internés des dizaines de milliers d’enfants, de femmes et de vieillards inaptes au travail. Les abords de ces camps étaient minés […]. Dans ces camps, on a découvert des milliers de malades atteints de typhus […].
On a déjà cité les camps de Majdanek et d’Auschwitz, avec leurs chambres à gaz [sic] où furent exécutés plus de 5 500 000 citoyens [sic] totalement innocents […]. Je dois citer les camps de concentration de Smolensk, de Stavropol, de Kharkov, de Kiev, de Lvov, de Poltava, de Novgorod, d’Orel, de Rovno, de Dniepropetrovsk, d’Odessa, de Kamenetz-Podolsk, de Gomel, de Kertch, de la région de Stalingrad, de Kaunas, de Riga, de Mariampos (RSS de Lituanie), de Klooga (RSS d’Estonie) ainsi que de nombreux autres camps […] [TMI, VII, 180-1].

Certains pourront répondre qu’aucune carte publiée dans les ouvrages sur la déportation ne mentionne ces camps. Outre que ce n’est pas une preuve de leur inexistence, je souligne qu’une carte en mentionne bien quelques-uns.

On la trouve dans l’ouvrage déjà cité de S. Wiesenthal : Le livre de la mémoire juive, à la page 40 (voir le document ci-contre). Quatre camps de concentration sont mentionnés : deux en Estonie (Klooga et Vaivara), un en Lettonie (Kaiserwald) et un en Lituanie (Pravieniskis). Au fil des pages, on en trouve d’autres : « camp de concentration […] de Salaspils » en Lettonie (p. 45) ; « le camp de concentration de Domanevka (RSS d’Ukraine) » (p. 56) ; « camps de Narva, Tallin » (p. 212).

Tous ces faits démontrent que la déportation à l’Est fut bel et bien une réalité. Ils viennent ainsi confirmer que la « solution totale » (ou « solution d’ensemble ») de la question juive ne fut pas une vaste entreprise d’extermination, mais une vaste entreprise d’expulsion.

Certes, ces déportations restent encore entourées d’un épais mystère. En particulier, on ne peut ni formuler de conclusions chiffrées (combien de juifs ont été envoyés là-bas, combien sont morts, combien sont revenus..) ni connaître les conditions de vie dans les camps, les éventuels emplois et le destin de ces déportés après 1945.

Les juifs n’ont pas été exterminés à l’Est

Aucune preuve matérielle d’une extermination

Mais on ne saurait nier que cette chronologie ouvre des brèches mortelles dans l’édifice exterminationniste ; elle détruit notamment la thèse selon laquelle Auschwitz, Majdanek ou l’un des trois « camps de la mort » auraient été des destinations finales pour les juifs déportés.

Voilà d’ailleurs pourquoi les informations qu’elle contient sont la plupart du temps cachées au grand public.

Dans son monumental ouvrage, par exemple, R. Hilberg évoque, certes, ces déportations à l’Est, mais très rapidement, et à aucun moment, il ne se réfère au document URSS-004 ni ne s’intéresse à tous les camps cités par R.A. Rudenko à Nuremberg. Soucieux de sauver sa thèse, il profite du mystère qui les entoure encore pour prétendre que :

Les juifs déportés vers l’Ostland furent fusillés à Kaunas, Riga et Minsk (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 402).

Il en est de même pour S. Wiesenthal ; tout au long de son Livre de la mémoire juive, il est question d’abominables tueries de milliers de juifs à Minsk, à Kovno et ailleurs[57].

Ainsi nous demande-t-il de croire que les Allemands, dont on connaît pourtant l’efficacité, auraient affrété des centaines de trains pour emmener des juifs de France, de Belgique, des Pays-Bas, d’Autriche, de Slovaquie etc. loin, très loin, jusqu’en Biélorussie, en Lituanie, en Lettonie voire en Estonie, uniquement pour les tuer ?

Cette thèse est totalement absurde. En outre, à supposer qu’à l’Est, les Allemands aient fusillé les juifs par dizaines de milliers avant des les enterrer ou de les brûler, de très nombreuses traces devraient subsister : « corps ou parties de corps non brûlés, millions d’os et de dents, masse de cendres »[58].

Or, comme le souligne G. Rudolf :

Si l’on avait découvert de telles choses, les communistes staliniens, dont on connaît l’appareil efficace de propagande, leur aurait fait une large publicité en présence de commissions d’enquête internationales. Ils auraient ainsi rattrapé leur impair de Katyn et rendu la pareille aux Allemands, qui, précisément à cette époque, révélaient à l’aide de commissions d’enquête internationales le massacre commis par les Soviétiques sur des officiers polonais. Mais non, [et même] aujourd’hui, alors qu’après 50 ou 60 ans on découvre souvent par hasard des charniers contenant des centaines de milliers de victimes de Staline, il n’y a toujours aucune trace des charniers ou des bûchers allemands et on évite soigneusement de se demander en public si les méthodes les plus modernes ne permettraient pas de les retrouver [Id.].

Des enquêtes sans valeur

On pourra nous répondre qu’en 2006, un communiqué de presse émanant du Vatican a déclaré qu’à la tête d’une équipe de chercheurs, un religieux était en train de recenser les charniers de juifs massacrés par les « nazis » en Ukraine lors de la deuxième guerre mondiale et que, déjà, plus de mille charniers avaient étaient découverts, contenant chacun entre quelques dizaines une centaine de milliers de corps.
Nous avons cependant expliqué pourquoi les enquêtes de ce religieux sont sans aucune valeur (voir l’article « la Shoah par balles »)

La fonction de Treblinka, Sobibor et Belzec

Revenons cependant à notre question de départ : à quoi servaient les camps de Treblinka, de Belzec et de Sobibor ?
Quand on connaît la chronologie établie plus haut, tout s’éclaire : Treblinka, Sobibor et Belzec ont servi de camps de transit pour les juifs qui étaient déportés plus à l’Est afin d’y être réinstallés[59]. Voilà pourquoi ils étaient situés à la frontière polonaise, là où commençaient les territoires soviétiques récemment conquis, à la jonction de deux systèmes ferroviaires autonomes (voir cartes ci-dessous).

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Car comme le rappelle, J.-M. Boisdefeu à la suite de Stefen Werner :

Treblinka, Sobibor et Belzec constituaient des gares-relais entre deux réseaux de chemins de fer : le GEDOB dans le Gouvernement général et la GVD-Osten dans les territoires occupés. Certes, ces deux réseaux étaient compatibles (écartement des voies par exemple) et couplés, mais ils étaient autonomes et il fallait parfois un mois pour obtenir un plan de transport de sorte que ces gares constituaient des points d’interruption du trafic et de tri tout indiqués[60].

Et J.-M. Boisdefeu d’écrire :

Je ne sais pas si cela est entièrement vrai, mail il est remarquable que les historiens n’arrivent pas à justifier le choix des ces localités à cheval sur la frontière avec l’URSS (Id.)

Cette remarque est exacte. Dans son ouvrage, R. Hilberg déclare simplement :

On choisit ces sites [Treblinka, Sobibor et Belzec] en fonction de leur isolement et de leur proximité des voies ferrées (op. cit., p. 758).

Mais en écrivant cela, il n’explique rien : des usines, des entrepôts, des terrains militaires étaient construits sur de tels sites. Ce qu’il fallait expliquer, c’était :

1°) Pourquoi trois camps et non pas un seul, plus grand, ce qui aurait permis une meilleure centralisation et évité des dispersions ?
2°) Pourquoi des camps tous établis sur la frontière (voir carte ci-dessous) (on ne peut y voir un hasard) ?
3°) Pourquoi un camp construit sur une artère menant aux pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), un autre sur une artère menant soit au nord de l’Ukraine, soit au sud de la Biélorussie et un dernier sur une artère menant au cœur de l’Ukraine ?
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R. Hilberg a soigneusement évité de poser ces trois questions parce que les poser, c’est presque y répondre : des camps près de la frontière parce qu’ils étaient à la jonction des réseaux ferroviaires ; trois camps sur trois artères différentes afin de ventiler les juifs lors de leur réinstallation à l’Est. Tout concorde.

De nouvelles confirmations

Dans ces camps passèrent de nombreux juifs de l’Ouest, qui étaient ensuite acheminés plus loin. Certains convois (sans doute la majorité) étaient composés d’inaptes au travail qui allaient être réinstallés à l’Est ; d’autres convois emmenaient des juifs pour qu’ils travaillent, sans doute dans le cadre de la réinstallation ou pour satisfaire les besoins de l’armée près du front[61].
Notons que certains documents allemands d’époque confirment cette version. Dans son ouvrage, ainsi, R. Hilberg, mentionne un mémorandum du 17 mars 1942 dans lequel on lisait qu’une fois partis pour Belzec :

Ces juifs passeraient la frontière et ne retourneraient jamais plus dans le Gouvernement général [Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 761].

Mentionnons aussi quelques faits troublants :

- Par deux fois (dont une le 29 mai 1942) 3 000 juifs d’Opole furent déportés à Sobibor (voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 134).
bedarida_carteD’après la thèse officielle, c’était pour y être exterminés.
Or, Opole, ville du sud-ouest de la Pologne, est à environ 400 km à l’Ouest de Sobibor et a seulement 120 km d’Auschwitz (voir carte ci-contre).

Pourquoi les Allemands ont-ils choisi de les emmener loin, au fin fond de la Pologne, puisqu’ils disposaient, dit-on, d’un camp d’extermination relativement près, où depuis février les juifs étaient gazés par convois entiers ? C’est inexplicable, sauf si l’on considère que ces juifs n’étaient pas destinés à la mort, mais à la déportation à l’Est, via le camp de transit de Sobibor ;

- les 1er et 6 juin 1942, respectivement 2 000 et 6 000 juifs de Cracovie furent déportés à Belzec (voy. S. Wiesenthal, op. cit., pp. 137 et 140). Même remarque que précédemment : Cracovie était à environ 300 km de Belzec, mais à 50 km d’Auschwitz ;

Conclusion : les sélections à Auschwitz ne s’inscrivaient pas dans le cadre d’une extermination

Quand on sait tout cela, la thèse selon laquelle les « sélections » des nouveaux arrivés à Auschwitz s’inscrivaient dans le cadre d’un processus d’extermination s’effondre complètement. En vérité, ces « sélections » s’inscrivaient dans le cadre de recrutement de la main d’œuvre et de l’évacuation de juifs hors de la sphère d’influence allemande.
Les déportés les plus robustes étaient retenus pour le travail dans les différents commandos, les autres étaient mis en quarantaine et repartaient un peu plus tard, soit vers le Gouvernement général, soit vers l’Est (souvent via Treblinka, Sobibor et Belzec).

Par conséquent, les manuels scolaires mentent lorsque, soixante ans après, ils osent encore présenter les « sélections » comme une étape dans le processus d’extermination.

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[1] Voy. la traduction du discours paru dans La Documentation Catholique, n° 895, 20 avril 1939, col. 502.
[2] Hilberg, p. 225. Pour la référence complète, voir la liste des ouvrages cités.
[3] Voy. R. Hilberg, La destruction.., p. 217.
[4] En voici quelques exemples avec, entre parenthèses, leur durée d’existence et leur effectif lorsqu’ils sont indiqués : Babitz, Breslau-Wroclaw, Dabrowice (1942-1944 ; 300 personnes), Dabrowka Wiekla (mars-septembre 1942, 300 personnes), Dzieczyna (avril-septembre 1943 ; 150 personnes), Frysztak (juillet-novembre 1941 ; 2 000 personnes), Glogow (juillet-octobre 1942 ; 120 personnes), Katowice, Kotlicki-Trebin (évacué en février 1945, 1 700 personnes), Kreuzsee-lez-Reppen (3 à 4 000 personnes), Lesiow (1942-1945 ; 700 personnes), Lesna-Podlaska (1940-1941 ; 400 personnes), Kaczwowice (1941-1944 ; 5 000 personnes), Libau libéré en mai 1945), Limanowa (août-novembre 1942 ; 190 personnes), Lipie (1942-1943 ; 100 personnes), Markuszow (mai-septembre 1942 ; 100 personnes), Mogila (1944-1945 ; 300 personnes), Pawlowo (1941-1943 ; 120 personnes), Posen (1942-1943 : 1 000 à 1200 personnes), Przylek (1942-1943 ; 300 personnes) ; Pulawy (1942-1943 ; 200 personnes), Radymno (1942-1943 ; 200 personnes), Sandomierz (1942-1944 ; 350 juifs), Skarzysko-Kamienka (1942-1944 ; 8 000 personnes), Spytkowice (1942-1943 ; 360 personnes) ; Starachowice (1942-1944, 3 à 5 000 personnes) Stawiszyn (1941-1942 ; 100 personnes) Strzeszyn (1942-1944 ; 500 personnes).
[5] Voy. W. Szpilman, Le pianiste (éd. Robert Laffont, 1998), p. 76. W. Szpilman habitait le ghetto et assista à cette conversation.
[6] Voy. TMI, XXXVII, 411-425. L’Accusation a produit ce document, qui contient une liasse de télégrammes, comme « preuve » qu’en Galicie, les Juifs auraient finalement été exterminés.
[7] Doc. R-91 à Nuremberg produit sous la cote RF-347.
[8] Voy. Eugene Kulischer, The Displacement of Population in Europe (1943), p. 110. Cette brochure est consultable à la BDIC sous la cote O 380008. Enrique Aynat cite ce passage dans une étude intitulée : « Considérations sur la déportation des juifs de France et de Belgique à l’est de l’Europe en 1942 », publiée en langue française dans Akribeia, n° 2, mars 1998, p. 34.
[9] Doc. R-124 présenté à Nuremberg sous la cote USA-179 ; TMI, III, 475.
[10] Voy. J. Graf, « Qu’advint-il des juifs déportés à Auschwitz mais qui ne furent pas enregistrés ? », publié en langue française dans Études révisionnistes, vol. 1, pp. 220-1.
[11] Doc. PS-1166, déposé à Nuremberg sous la cote USA-458 ; TMI, IV, 206-7.
[12] Voy. E. Aynat, « Considérations.. », art. cit., p. 16.
[13] TMI, XXXVII, 125-6.
[14] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 454.
[15] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 446.
[16] Voy. Les atrocités allemandes pendant la Guerre 1914-1918. Rapports officiels (Imprimerie J. Cussac, Paris, sans date), p. 54.
[17] A l’époque, naturellement, on prétendait que l’Allemagne voulait rayer la France de la carte. Dans le neuvième rapport, ainsi, on prétend que le 31 août 1914, un officier supérieur allemand aurait déclaré a deux habitants de Lassigny : « Nous voulons anéantir la France. Il faut qu’elle disparaisse. Dans trois jours nous serons à Paris, nous nous en emparerons, nous enlèverons toutes ses richesses artistiques et commerciales, nous le pillerons et nous le dévasterons : il n’en restera que cendres et ruines, Paris ne doit plus exister. » (Ibid., p. 76).
[18] Sur les différents syllogismes, voy. par exemple Fr. Maximin-Louis, Précis de Logique (Imprimerie J. Duclot, Gembloux, 1938), pp. 38 et suivantes. Le cas de l’enthymème est traité pp. 30-40 et 43. Cet ouvrage, qui s’adressait aux élèves de l’enseignement normal et secondaire, a le mérite d’être clair et concis.
[19] Voy. par exemple le Catalogue alphabétique.., p. 17, rubrique « Auschwitz ». On lit : « les prisonniers désignés pour l’extermination par la chambre à gaz, n’étaient pas immatriculés ».
[20] Voy. l’Anthologie d’Auschwitz (t. II, 2ème partie, Varsovie, 1969), pp. 159 et suivantes.
[21] Voy. P. Lewinska, op. cit., pp. 122-3 : « on a annoncé que les femmes grosses seraient libérées ».
[22] Voy. I. Deutschkron, Tel était leur enfer (éd. La Jeune Parque, 1965), p. 37 : témoignage d’Erich Kulka, ancien déporté, au procès d’Auschwitz le 16 avril 1964.
[23] Voy. I. Deutschkron, op. cit., pp. 30-33.
[24] Témoignant en 1964, R. Iliav prétendra que, sur les conseils d’une autre détenue, elle a tué sa fille au bout du huitième jours d’une piqûre de morphine. Pourquoi ? Parce que si cette dernière avait survécu, le docteur Mengele les auraient envoyées toutes les deux au crématoire (« Huit jours plus tard, il [Mengele] ordonne : “Demain, tenez-vous prête avec votre enfant. Je viendrai vous chercher !” Oui, mon enfant, enfin nous serons débarrassées de nos souffrances. La chambre à gaz va nous en délivrer. Je pleure. Je crie. Je sais que demain nous allons mourir. Une étrangère vient près de mon lit […] une seringue à injection à la main. “Administre cette piqûre à ton enfant. C’est une forte dose de morphine. Il en mourra […]”. Après deux heures de résistance, j’ai commis l’acte […]. Il est cinq heures du matin […]. Le docteur Mengele arrive ponctuellement. Je suis prête. “Où est votre enfant ? » — Avec lassitude, je réponds : “Il est mort cette nuit.” […] Il dit simplement : “Vous avez de la chance encore une fois. Vous partirez au travail avec le prochain transport. » ; Ibid., p. 33). On nous demande donc de croire qu’à Auschwitz, on gardait une femme dix jours avant son accouchement, qu’on la faisait mettre au monde à l’aide d’une sage-femme, puis qu’on la gardait encore huit jours juste pour l’envoyer avec son enfant à la chambre à gaz. C’est grotesque !
[25] TMI, XXXVII, 164. Notons que plus loin, l’auteur oublie ces faits et répète la version officielle selon laquelle « les femmes enceintes […] ne sont jamais entré[e]s au camp d’Auschwitz, mais allaient directement vers la chambre à gaz » (Ibid., p. 177).
[26] Le 29 septembre 1944, le quotidien Libres informa ses lecteurs que parmi les femmes rapatriées de Ravensbrück, figuraient quatre Belges et une Française - Violette Rambaud - qui étaient enceintes (« Elles sont cinq dans le cas de Violette Rambaud, dont 4 Belges. 5 femmes libérées parce qu’elles étaient enceintes. L’une d’elles, Belge, était à quinze jours de son accouchement » ; p. 2). Interrogée, V. Rambaud déclara : « Chaque jour, une partie du camp allait travailler. Moi, il faut le dire, je n’y allais pas parce que j’étais enceinte » (p. 1). Elle fut libérée en septembre 1944 parce qu’elle est enceinte de six mois (Id.). Notons toutefois que cette ancienne déportée croyait en l’existence de chambres à gaz. Elle déclara qu’à Ravensbrück, on gazait les juives : « On venait les prendre en autobus, les chambres étaient un peu plus loin derrière le camp.. Oh ! les pauvres, les pauvres.. A pleines chambres, on le passait au gaz.. ». (p. 2). Naturellement, elle-même n’avait rien vu.. Cette histoire de chambre à gaz à Ravensbrück est mensongère (voir l’article « La prétendue chambre à gaz de Ravensbrück »).
[27] Voy. Auschwitz. Ces documents occultés parce qu’ils contredisent l’histoire officielle (éd. du VHO, 1997), pp. 23-4.
[28] Voy. « Considérations.. », art. cit., p. 17 ; E. Aynat s’appuie sur le document CDJC, XXVI-46, 21 juillet 1942.
[29] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 455.
[30] Voy. « Considérations.. », art. cit., p. 18 ; E. Aynat s’appuie sur le document CDJC, XXb-126 ; 21 juillet 1942.
[31] note 99 : « Yehoshua Büchler, “The Deportation of Slovakian Jews to the Lublin District of Poland in 1942”, Holocaust and the Genocide Studies, vol. 6, n° 2, 1991. »
[32] Voy. E. Aynat, art. cit., pp. 44-5.
[33] Voy. J. Graf, art. cit., p. 223, note 52.
[34] La légende porte : « Dessin de Claude Martin, 18 ans, déportée au camp d’Auschwitz-Birkenau ». Ce dessin est conservé au musée d’Auschwitz. En 1965, il a été publié dans l’ouvrage d’Inge Deutschkron intitulé : Tel était leur enfer (éd. La Jeune Parque). La légende portait : « Dessinateur inconnu - avec l’autorisation du musée d’Auschwitz » (voy. la sixième planche entre les pages 144 et 145). Publié une nouvelle fois en 1983 dans le manuel d’Histoire paru aux éditions Scodel : Histoire. De 1939 à nos jours, aucun nom d’auteur n’apparaissait encore ; la légende portait simplement : « une condition infra-humaine : le camp d’Auschwitz-Birkenau (dessin exécuté par une jeune déportée juive) » (p. 34). J’ignore sur quelle source s’appuient les auteurs du Bréal de 2003 pour attribuer ce dessin à une certaine C. Martin..
[35] Voy. Arthur R. Butz, The Hoax of the Twentieth Century (Institute for Historical Review, 1976), p. 109.
[36] Voy. François Bédarida, Le nazisme et le génocide. Histoire et enjeux (éd ; Nathan, 1989), p. 13.
[37] Voy. John C. Ball, La preuve par la photographie aérienne (éd. du VHO, 2000), chapitres 6 à 8.
[38] Voy. Pierre Marais, Les camions à gaz en question (éd. Polémiques, 1994). L’auteur ayant publié son ouvrage après la promulgation en France de la loi anti-révisionniste dite loi Fabius-Gayssot, (juillet 1990), il reste très prudent dans sa conclusion. Il termine son étude par cette phrase : « Qu’il nous soit au moins permis de douter [de l’existence des camions à gaz] » (p. 118). Mais ce qu’il écrit avant est suffisamment clair : il déclare que les témoignages selon lesquels la caisse des camions était « étanche » et « hermétique » se heurtent à une impossibilité technique ; que « La preuve de leur existence [celle des camions à gaz] ne ressort pas de l’étude théorique que nous avons faite » ; qu’aucun « camion à gaz », même à l’état de vestige n’a pu être retrouvé, malgré les démarches effectuées auprès de l’ambassade de Pologne à Paris, de l’administration de la ville de Konin (où, disait-on, un camion à gaz était exposé en guise de monument commémoratif) et de l’administration de la ville de Chelmno (pp. 117-8). Bref, l’auteur a cherché partout des camions à gaz, et il n’a trouvé que du vent..
[39] « En octobre 1938, le ministère des Affaires étrangères se pencha sur les statistiques relatives à la population juive et s’aperçut qu’environ 10 % des Juifs placés sous juridiction allemande étaient des ressortissants polonais. Mais le gouvernement polonais ne manifestait guère d’empressement à récupérer ses citoyens » (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 339).
[40] « Tandis que la Pologne refusait d’accepter ses ressortissants juifs, quelques pays occidentaux ouvraient généreusement leurs portes à des juifs de nationalité allemande » (Ibid., p. 340).
[41] « Ce dernier [Heydrich] fut enthousiasmé par l’idée » (R. Hilberg, op. cit., p. 342).
[42] Sur ce projet, sa vie et sa mort, voy. R. Hilberg, op. cit., pp. 342-343.
[43] Voy. le mémoire de Martin Luther en date du 21 août 1942 ; doc. NG-2586-J, cité intégralement par Arthur R. Butz dans son ouvrage The Hoax.., p. 206.
[44] Dans le compte rendu d’un entretien qui eut lieu le 14 juillet 1941 entre le Führer et le comte Oshima, on lit : « Il [Hitler] ne croit pas que la résistance, en Russie d’Europe, puisse encore se prolonger au-delà de six semaines. Où les Russes iraient, il l’ignorait. Peut-être dans l’Oural ou au-delà de l’Oural. mais nous les poursuivrons et lui, le Führer, ne reculerait pas devant la perspective de pousser au-delà de l’Oural » (voy. A. Hillgruber, pp. 607-8 ; pour la référence complète, voir la liste des ouvrages cités).
[45] Doc PS-710, produit à Nuremberg sous la cote USA-509 ; voy. TMI, XXVI, 267.
[46] Voy. Histoire. 1939 à nos jours (éd. Scodel, 1983), p. 34.
[47] « Dr THOMA. - […] Et maintenant, je vous pose cette question : Himmler vous a-t-il jamais dit que la solution finale du problème juif consistait à exterminer les juifs ?
TÉMOIN LAMMERS. - Il n’en a jamais été question. Il a seulement parlé d’expulsion.
Dr THOMA. - Il a seulement parlé d’expulsion.
TÉMOIN LAMMERS. - Oui, seulement d’expulsion.
Dr THOMA. - Quand avez-vous entendu dire que 5 000 000 de juifs avaient été tués ?
TÉMOIN LAMMERS. - C’est seulement ici que je l’ai entendu dire, il y a peu de temps »
(TMI, XI, 59).
[48] voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 171. Pour la référence complète, voir la liste des ouvrages cités.
[49] Voy. Répertoire des lieux de détention SS (1933-1945) (S.I.R., Arolsen, 1977), p. CXCV.
[50] Voy. le rapport n° 10 des territoires occupés de l’Est, cité dans le Répertoire des lieux.., p. CXCV.
[51] Cité par E. Aynat, art. cit., p. 36.
[52] Doc. CDJC XXVI-59, 1er septembre 1942 ; reproduit par Jean-Marie Boisdefeu, La Controverse.., t. II, op. cit., pp. 78-9.
[53] Voy. J.-C. Pressac, Auschwitz. Technique and Operation of the Gas Chambers (Beate Klarsfelf Foundation, New York, 1989), p. 567. Voy. également E. Aynat, art. cit., pp. 45-6.
[54] Dans son ouvrage, R. Hilberg prétend que les juifs étaient exterminés, qu’ils connaissaient leur inexorable destin (même s’ils tentaient d’éviter la mort) mais que les aptes au travail se montrèrent dociles jusqu’à la fin. Il écrit : « Leur soumission ne laissait pas d’étonner le Reichsminister Syess-Inquart, ancien adjoint de Frank. “Je ne pouvais pas m’imaginer, disait-il, que, d’une part, les juifs capables de travailler travaillent et que, d’autre part, leurs parents fussent exterminés. Je croyais que dans un pareil cas, on ne pouvait qu’imaginer que chaque juif sauterait à la gorge d’un allemand pour l’étrangler” » (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 463). Présentée ainsi, cette citation laisse croire qu’A. Seyss-Inquart aurait été au courant de l’extermination. En vérité, l’ancien administrateur des Pays-Bas a tenu ces propos très peu de temps après avoir rappelé ce que lui avait dit Hitler en 1943 et immédiatement après avoir expliqué qu’au début 1944, Himmler lui-même lui avait certifié : « Ce sont là [comprenez : les juifs qui travaillent] mes meilleurs ouvriers » (TMI, XVI, 9). Replacés ainsi dans leur contexte, les propos d’A. Seyss-Inquart s’éclairent : l’accusé voulait dire : « Comment aurais-je pu croire que les juifs inaptes étaient exterminés puisque leurs parents travaillaient correctement pour l’Allemagne ? » R. Hilberg se révèle donc une fois de plus être un tricheur..
[55] Document reproduit par Jean-Marie Boisdefeu dans La controverse sur l’extermination des juifs par les Allemands, tome II, déjà cité, pp. 86.
[56] Voy. le Doc. F-274 : « […] le 15 mai 1944 est parti de Drancy un convoi de 900 israélites auxquels on avait promis qu’ils allaient travailler à Bordeaux pour l’organisation Todt […]. En réalité, le convoi fut acheminé en deux tronçons ; nul ne sait ce que sont devenus les 600 déportés laissés à Kaunas. Des 300 laissés à Revel, 40 au plus sont revenus ». Voy. également J. Graf, art. cit., p. 213 : l’auteur s’appuie sur le Mémorial de la déportation des Juifs de France de Serge Klarsfeld.
[57] Voy., par exemple, p. 186. D’après l’auteur, le 28 juillet, 10 000 juifs du ghetto de Minsk auraient été assassinés par les SS, parmi lesquels 3 500 venaient d’Allemagne. Le même jour, 1 000 juifs venus du ghetto de Varsovie auraient été fusillés « dans la région de Minsk ». Le lendemain, 3 000 juifs allemands ayant eux aussi été parqués dans le ghetto de Minsk auraient été fusillés « dans des fossés creusés hors de la ville ». Je pourrais citer au moins une quarantaine d’autres exemples.
[58] Voy. G. Rudolf, Combien de juifs ont effectivement disparu ? (éd. du VHO, 1997), p. 46.
[59] Ces camps ont également pu servir « dans l’autre sens », c’est à dire pour des juifs de l’Est qui, déclarés aptes au travail, étaient amenés à Auschwitz ou ailleurs afin d’y être employés. R. Hilberg écrit par exemple qu’en 1943, le ghetto de Vilnius fut dissout, que « beaucoup [de juifs] furent rassemblés et fusillés sur place » et que « des milliers d’autres » furent expédiés à Sobibor. Bien qu’il prétende que ce camp servait à l’ « anéantissement », il précise que ces déportations furent « présentées par les Allemands comme une redistribution de la main-d’œuvre » (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 333). La version allemande est beaucoup plus crédible, car on ne voit pas pourquoi les nationaux-socialistes auraient perdu leur temps et leur énergie à transporter relativement loin des juifs qui auraient pu être exterminés tout près, avec les autres. Sur leur fonctionnement « dans l’autre sens », voy. également J.M. Boisdefeu, La controverse sur l’extermination des juifs par les Allemands, tome II : « Réalités de la “Solution finale” » (éd. du VHO, s.d.), p. 81, note 50.
[60] Voy. J.-M. Boidefeu, La controverse.., t. II, op. cit., p. 81.
[61] Il est probable que Chelmno était un petit camp de triage. Un juif qui y travailla se souvient qu’un jour, les Allemands ont répondu à un garçonnet qui s’interrogeait : « à Chelmno, on ne fait que trier les juif et les plus robustes [sont] envoyés dans les régions de l’Est pour y travailler » (voy. Ladislas Bednarz, Le camp d’extermination de Chelmno sur le Ner [Éditions de l’Amitié franco-polonaise, 1955], p. 43). La même personne raconte avoir entendu un Allemand dire à des arrivants : « Vous irez dans la région de l’Est, où il y a de grands terrains, pour y travailler, mais il faut seulement revêtir des vêtements propres, qui vous seront donnés, et aussi prendre un bain » (Ibid., p. 45). Un autre juif déclare que dans les vestiaires, « il y avait des inscriptions : “direction des bains”, “direction du médecin” » et qu’ « on donnait une serviette et un morceau de savon » aux arrivants (Ibid., p. 65), ce qui ne surprend guère si Chelmno était un camp où l’on triait les plus robustes. Il est intéressant de noter que, tant qu’ils décrivent le camp dans son fonctionnement « normal » (ici le triage et la désinfection avant le grand départ), tous les témoins sont d’une grande précision et leurs récits apparaissent sans exagération. Mais dès qu’il en viennent aux prétendus meurtres de masse, les exagérations et les impossibilités foisonnent. Ainsi le juif qui a décrit les vestiaire prétend-il que sur les bûchers de Chelmno : « Les cadavres se consumaient rapidement. En quinze minutes environ, ils étaient consumés » (Ibid., p. 66), ce qui est une impossibilité physique.

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