Les témoins qui, comme Denise Holstein, racontent leur expérience concentrationnaire aux élèves, sont-ils des « preuves vivantes » de la Shoah ?

DES « TÉMOINS DE L’HOLOCAUSTE » SANS AUCUNE VALEUR

Aujourd’hui, de nombreux « témoins de l’Holocauste » interviennent dans les établissements scolaires pour y raconter leur expérience aux élèves. Que valent-ils ?

Ils se sont mis à parler très tard

Tout d’abord, soulignons que la plupart de ces individus ont commencé à parler très tardivement. Eux-mêmes l’avouent d’ailleurs :

C. Gottlieb, ancien déporté à Auschwitz [1] :

Pendant des années, nous avons gardé le silence.

Benjamin Orenstein, président de l’Amicale des déportés d’Auschwitz-Birkenau du Rhône [2] :

J’ai attendu quarante-huit ans pour raconter, aujourd’hui personne ne m’empêchera de continuer.

Aujourd’hui octogénaire, Robert Coigneau a décidé de rompre le silence. Depuis 1994, le rescapé raconte son histoire aux jeunes générations[3].

D. Holstein, après s’être enfermée cinquante ans dans un mutisme absolu […] cette rescapée de Birkenau […] s’est un jour mise à parler [4] :

Pendant un demi-siècle, j’ai gardé le silence. Maintenant je parle. Je veux témoigner tant que je le pourrai[5].

Charlotte Shapira admet sans fard qu’il lui a fallu « plus de 40 ans » avant de se décider à témoigner.

Des raisons données qui ne sont guère convaincantes

Or, les raisons données du temps ne sont guère convaincantes, voire totalement irrecevables. C. Gottlieb, par exemple, prétend que les déportés ont gardé le silence « [p]arce que le sujet était tabou » ; puis il ajoute : « Aujourd’hui, il faut que la terre entière sache la cruauté et la bestialité des nazis »[6].

C’est vraiment se moquer du monde, car tout le matraquage de l’opinion mondiale orchestré à partir de 1945 avait pour principal objectif de convaincre que les « nazis » étaient d’innommables monstres. En outre, l’un des piliers de cette propagande était la prétendue extermination des juifs, dont il fut souvent question au premier procès de Nuremberg, notamment avec le témoignage de R. Höss.

De son côté, C. Schapira prétend qu’elle n’ « arrivait pas » à témoigner car : « Comment dire l’indicible ? ».
Or, comment croire que ce qui a été indicible pendant cinquante ans soit soudainement devenu exprimable après soixante ans ?

Un témoignage capital : D. Holstein

Toutes ces raisons fallacieuses invoquées doivent nous convaincre que la vérité est ailleurs.

Où ?
Le témoignage de D. Holstein permet d’apporter une réponse à cette question : on y découvre comment une ancienne juive qui n’a rien vu et vécu d’extraordinaire pour l’époque a pu devenir un pilier de la Mémoire de la Shoah.

L’histoire de D. Holstein pendant la guerre

Sous l’occupation, D. Holstein était adolescente et vivait en zone occupée, à Rouen plus exactement, avec ses parents. Elle note :

Bien sûr, on a peur des arrestations, des coups de sonnette mais, jusqu’en 1942, on ne peut pas dire qu’on ressente la terreur[7].
En fait, jusqu’en 1942, nous menons une vie à peu près normale [Ibid., p. 21].

Deux pages plus loin, d’ailleurs, elle déclare que quelques jours avant une rafle d’hommes juifs âgés entre 18 et 45 ans, elle avait dansé avec l’un d’eux « un swing effréné » (p. 23). Preuve qu’elle participait à des soirées festives, voire à des bals interdits.
Ajoutons que malgré ces rafles, et bien que son père ait été arrêté une première fois avant d’être relâché au motif qu’il était un ancien combattant, ils ne cherchèrent pas à fuir :

[Mon père] sait que, du jour au lendemain, il peut être de nouveau arrêté. Pourtant il ne perd pas confiance, il ne peut pas croire au pire. Nous restons à Rouen, en zone occupée. Il ne cherche pas à passer en zone libre, ni même à nous y faire passer [p. 25].

Et lorsque, au moment de porter l’étoile jaune, ils redouteront la réaction des Français non-juifs, surtout des « collabos », leur peur se révélera sans aucun fondement :

Très vite nous nous apercevons que c’est le contraire de ce qu’on pouvait craindre : les gens nous plaignent, certains même traversent la rue pour dire que c’est une honte de nous obliger à cela. Nous rencontrons sur le chemin un dentiste dont nous savons qu’il est un collaborateur actif et cet homme, ce collabo, embrasse Maman en lui disant que c’est horrible, qu’il ne peut pas accepter une chose pareille. Nous nous sentons soulagées, nous nous disons qu’au fond ce n’est pas si grave [pp. 25-26].

D. Holstein a l’honnêteté d’admettre ce que tout historien objectif devrait admettre, à savoir que sous l’occupation, la question juive intéressait peu les Français ; ceux-ci avaient des problèmes bien plus urgents.

Elle écrit :

Mais la plupart des Français ne réagissent pas [à la propagande anti-juive], ne se sentent pas concernés par ce qui arrive aux juifs. C’est qu’il y a beaucoup d’autres problèmes en France et que chacun doit faire face à des tas de difficultés : deux millions de Français sont prisonniers en Allemagne, de très nombreuses familles sont privées d’hommes, les femmes sont devenues les chefs de famille, la plupart du temps dans une situation financière très difficile. La France a faim. La France a froid. Alors, le problème des juifs..

C’est exactement ce qu j’écrivais au moment de l’affaire Touvier, et je suis heureux qu’une ancienne déportée juive vienne le confirmer quelques années après.

D. Holstein est arrêtée, internée, soignée puis relâchée une première fois

Quoi qu’il en soit, les Holstein furent finalement raflés et envoyés à Drancy, où ils conservèrent leurs affaires et purent recevoir des colis et des lettres[8]). Concernant la vie au camp, l’auteur rappelle que les internés eux-mêmes assuraient la plupart des services, notamment la cuisine, le nettoyage, l’infirmerie et l’établissement des listes des déportés[9].
Elle précise également que des « écoles improvisées » furent créées pour occuper les enfants et soulager leurs parents (p. 34).

Mais le plus intéressant reste à venir. D. Holstein raconte qu’un jour, elle tomba malade : mal de gorge et fièvre. Le médecin appelé diagnostiqua la diphtérie (p. 37). Puisque, nous dit-on, les juifs étaient tous voués à l’extermination, il n’y avait qu’à l’isoler et la laisser mourir, ou la tuer tout de suite d’une injection mortelle. Mais ce n’est pas ce qui arriva, bien au contraire. D. Holstein écrit :

[…] je suis emmenée aussitôt, en ambulance, à Paris, à l’hôpital Claude-Bernard, sans pouvoir embrasser mes parents. On ne les laisse pas s’approcher de moi à cause des risque de contagion et je les vois pleurer tous les deux […].
A l’hôpital je suis soignée normalement [pp. 37-38.].

Après quelques semaines de soins attentionnés, D. Holstein ressortit guérie. Je note en passant qu’elle a eu plus de chance que le petit Singbartl, un Allemand des Sudètes âgé de trois ans et interné en 1945 par les Tchèques au camp de Moravka-Ostrava. Atteint de diphtérie, l’accès à l’hôpital lui fut refusé, si bien qu’il mourut devant sa mère impuissante, Margarete Singbartl[10].

Mais revenons à notre propos. Non seulement D. Holstein fut guérie, mais aussi, elle ne revint pas à Drancy. L’UGIF la plaça dans un établissement qui recueillait des enfants juifs dont les parents avaient été déportés (p. 39). Après la fermeture de celui-ci, elle alla dans un autre, bien plus grand, rue Lamarck. Elle se souvient :

Je suis relativement libre, je peux reprendre mes études au lycée Lamartine et je peux sortir, aller voir ma grand-mère, à condition d’être rentrée tous les soirs à six heures [p. 39].

Durant l’été 1943, elle tomba une nouvelle fois malade : appendicite. Elle fut opérée à l’hôpital Saint-Germain où sa grand-mère et une amie purent la voir chaque jour (p. 40).

D. Holstein se retrouve seule à s’occuper d’enfants « orphelins »

En novembre 1943, elle apprit que ses parents avaient finalement été déportés de Drancy vers Auschwitz. Dans une dernière lettre, son père lui écrivait :

Ma chère petite cocotte, chérie, nous attendons impatiemment de tes nouvelles, mais nous sommes sûrs que tu es bien raisonnable et que tu supportes ta nouvelle villégiature avec beaucoup de patience et bientôt nous nous retrouverons tous réunis [p. 41].

Malgré cette lettre encourageante, la déportation de ses parents fut ressentie - on le comprend aisément - comme « un choc terrible » (Id.). Agée alors de 17 ans, Holstein se retrouva en charge de neuf petits enfants juifs dont les parents avaient été déportés. C’est la partie la plus émouvante de son témoignage : elle décrit avec affection ces enfants de moins de dix ans désorientés par cette vie d’orphelins. Parmi eux figurait Estelle Jakubowicz :

Elle a six ans. Elle fronce le nez, l’air sombre. C’est la plus désorientée, toujours accrochée à moi et je dois lui dire de ne pas m’appeler « Maman », que je ne suis pas sa maman et que celle-ci va bientôt revenir [p. 43].
La nuit, je me lève pour consoler ceux qui font des cauchemars. Le matin, je les aide à s’habiller et nous descendons prendre le petit déjeuner. Là, des surveillantes les prennent en charge. Puis ils vont à l’école de Louveciennes. Les jours sans classe, nous les emmenons au bois de Marly [p. 45].

La déportation vers Auschwitz

Bref, la vie banale des orphelinats. Puis un jour, la catastrophe survint : les pensionnaires de l’établissement furent à leur tour raflés, emmenés à Drancy, puis déportés. Notons que certains d’entre eux, qui avaient retrouvé leur mère à Drancy, n’allèrent pas à Auschwitz, mais directement à Bergen-Belsen, « où il n’y a pas d’extermination systématique » (pp. 47-48) ; fait qui contredit la thèse officielle.

Quoi qu’il en soit, D. Holstein, elle, embarqua pour Auschwitz avec des petits enfants. Elle raconte :

Nous sommes soixante dans notre wagon, dont une cinquantaine d’enfants et je suis la seule monitrice. Bien sûr, je suis un peu débordée. Heureusement, Beila et des garçons que j’ai connus au centre Lamarck m’apportent leur aide. Quant aux adultes, il sont odieux et ne supportent pas d’être dérangés par les enfants qui, vu le manque de place, les bousculent, font du bruit et se plaignent de la chaleur, de la soif, du manque d’air. Je porte un brassard qui me permet de descendre, quand le train s’arrête, pour aller chercher toute l’eau que je peux emporter dans des récipients de fortune et vider les sceaux hygiéniques qui, d’ailleurs, ont déjà débordé dans les wagons [p. 50].

Au terme de ce terrible voyage, elle arriva à Auschwitz où elle fut séparée de ses petits protégés. Il n’y a là rien d’anormal si l’on considère qu’à 17 ans, elle était apte au travail, alors que les petits enfants ne l’étaient pas.

Des conditions d’existence pénibles mais pas d’extermination

Dans la suite de son témoignage, elle décrit les conditions de vie pénibles au camp : la désinfection et la tonte (p. 53), les appels, l’absence de solidarité entre certaines catégories de détenues[11], le froid (p. 59), la violences des kapos[12].

Mais certaines anecdotes méritent d’être relevées. D. Holstein raconte par exemple qu’en 1944, les autorités d’Auschwitz ont respecté le jeûne juif du Kippour, apportant la nourriture seulement le soir, après le lever de la première étoile (p. 68).
Plus loin, on apprend qu’elle a été admise à l’infirmerie pour cause de scarlatine (p. 69) et qu’elle y est restée sept semaines dans un lit particulier (p. 70). A sa sortie, suite à des évacuations, le camp s’était dépeuplé, si bien que les prisonniers avaient « nettement plus à manger », ce qui lui permit de « reprend[re] quelques kilos » (pp. 72-73). Peu après, elle attrapa la grippe, ce qui lui permit de retrouver l’infirmerie pour une durée de trois semaines (p. 74). Le 30 décembre 1944 enfin, elle fut évacuée à son tour pour Bergen-Belsen.

Les laissa-t-on partir sans rien dans le froid ? Nullement :

C’est vraiment le départ. Nous avons le droit à une douche et à des vêtements. De vrais vêtements, pas des guenilles. Je me retrouve même, à ma grande surprise, vêtue d’un superbe manteau gris. Nous prenons le train. Des wagons à bestiaux, bien sûr, et soixante par wagon. Mais nous partons ! [p. 76]

A son arrivée à Bergen-Belsen, le manteau gris et l’écharpe qu’elle portait sur la tête lui furent repris par un gardien. « En fait, il récupère ces vêtements pour d’autres “transports” », écrit-elle avec honnêteté (p. 79). Preuve que les Allemands faisaient leur possible pour humaniser les évacuations.

Libérée, D. Holstein passe une nuit à danser

D. Holstein connut ses derniers mois de déportation à Bergen-Belsen, dans un camp surpeuplé (p. 79), touché par le typhus, sans eau depuis que les canalisations avaient sauté et avec une nourriture de plus en plus rare (p. 81).
A la libération du camp par les Anglais, elle ne pesait plus que 35 kg. Mais grâce aux soins reçus, elle reprit des forces, si bien que lors de son rapatriement, elle passa une nuit à danser avec ses camarades :

Un soir, nous dormons dans une porcherie, mais rien n’a d’importance pourvu qu’on rentre le plus vite possible. Une autre fois, nous passons la nuit à danser, sans que je puisse aujourd’hui comprendre comment j’ai pu en trouver la force [p. 90].

D. Holstein avoue qu’elle n’a « pas connu le pire »

Telle est donc l’histoire de D. Holstein, une jeune juive déportée en 1944 à Auschwitz. Elle a connu la douleur de la séparation, un voyage exécrable vers Auschwitz, l’humiliation de la tonte, les appels, la promiscuité, la violence des kapos, la nourriture insuffisante (surtout à la fin) et la perte de ses deux parents morts en déportation. Un destin certes peu enviable, mais - hélas - banal dans ces périodes de grande violence.
Elle-même, d’ailleurs, avoue n’avoir « pas connu le pire » :

Je suis revenue et je n’ai pas connu le pire […]. J’ai été déportée tard, j’étais jeune et solide, je n’ai pas été sélectionnée pour la chambre à gaz, je n’ai pas subi d’expérience, je n’ai pas été violée et j’ai pu, de justesse, à Bergen-Belsen, attendre l’arrivée des Alliés. Je m’en suis sortie, en mauvais état comme tous les rescapés [pp. 107-108].

Sur l’extermination, D. Holstein rapporte de vagues ouï-dire et des bobards reconnus comme tels

En particulier, elle n’a vu ni chambre à gaz, ni file d’attente devant les crématoires, ni fosse de crémation en plein air. Certes, dans son témoignage paru en 1995, elle mentionne à plusieurs reprises une extermination planifiée ; mais toujours comme une chose dont elle entend vaguement parler. La première mention se trouve à la page 50, quand elle évoque son arrivée à Auschwitz, sa descente du train et l’intervention d’un détenu qui s’occupe de réceptionner les nouveaux arrivants :

Il me dit aussi : « Surtout, ne prends pas de gosse dans les bras ». Je ne comprends pas, je lui demande pourquoi. « Tu comprendras d’ici quelques jours. » Puis, me montrant les petits : « Tu vois, ça va faire du savon ». Drôles de propos qui, apparemment, ne veulent rien dire. Je pense qu’il est fou. Je lui demande quand même s’il connaît des Holstein dans ce camp. Ça le fait sourire : « Nous sommes peut-être plusieurs millions dans ce camp et je te conseille de ne plus demander des nouvelles de ta famille, de ne plus y penser. » [pp. 50-51]

Cette scène, si elle est véridique (et je n’ai aucune raison d’en douter), confirme que dans les camps, les bobards les plus incroyables circulaient. En effet :

1°) A Auschwitz-Birkenau, il n’y a jamais eu plus de 100 000 à 120 000 personnes ;
2°) L’histoire de savon prétendument fabriqué avec de la graisse humaine est depuis longtemps reconnue fausse. Dès les années 60, R. Hilberg en parlait comme d’une rumeur qui n’a jamais pu être confirmée. Dans son imposant ouvrage, on lit :

Les rumeurs concernant l’utilisation de la graisse humaine pour la fabrication de savon n’ont pu être confirmées par aucun document probant ni déclaration de témoin oculaire[13].

De façon évidente, le déporté qui accueillit D. Holstein était une victime de ces bobards qui circulaient, à moins qu’ils ne les aient volontairement véhiculés.

Une deuxième mention d’une extermination planifiée se trouve à la page 63, où D. Holstein parle d’une kapo dont la violence peut être excusée :

La kapo qui vient nous chercher est une petite femme qui a l’air assez gentil et qui nous dit qu’elle ne fera pas de différence entre les Françaises et les autres, que nous sommes toutes des juives. Mais dix-huit membres de sa famille, dit-elle, sont passés par la chambre à gaz et ça l’a rendue hystérique, alors il ne faut pas lui en vouloir si elle nous bat ! [p. 63]

Bien que, là aussi, je n’aie aucune raison de douter de cette histoire, je note que D. Holstein se contente de rapporter un « on dit ».
Plus loin, elle évoque une visite du docteur Mengele à l’infirmerie où elle se trouve suite à sa scarlatine. Elle écrit :

C’est un nom qui ne me dit rien, mais quelqu’un m’affirme qu’il a au moins un million de juifs sur la conscience ! C’est un grand pourvoyeur de chambres à gaz, mais il a aussi une autre spécialité : il choisit des internés sur lesquels il procède à des expériences médicales en les traitant comme de simples animaux de laboratoire [pp. 69-70].

Là encore, D. Holstein rapporte un « on dit ». Mais le plus intéressant arrive. Une fois le docteur dans l’infirmerie :

Nous devons descendre de notre lit pour nous présenter nues devant lui. Il nous regarde et inscrit un petit signe devant chaque nom. Puis il part sans rien dire. Les infirmières, elles, savent ce que ça signifie : une partie d’entre nous est condamnée à la chambre à gaz [p. 70].

Conséquence de cette rumeur : après le départ du docteur Mengele, et bien que la liste des sélectionnées n’ait même pas été connue (p. 71), un vent de panique parcourut l’infirmerie :

Les mères, qui serrent dans leurs bras les enfants qu’on va leur prendre, sanglotent sans arrêt. Des femmes deviennent folles, s’arrachent les cheveux, hurlent de terreur dans l’obscurité [p. 70].

Il fallut attendre le lendemain pour que la liste soit donnée. Celles qui avaient été choisies furent alors mises à part, laissées 24 heures sans nourriture au milieu de leurs hurlements, puis finalement emportées dans un camion (Id.).

Pour D. Holstein, ce fut, dit-elle, l’illumination :

Tout d’un coup, je réalise vraiment qu’il y a des chambres à gaz, des fours crématoires et que nous sommes dans un camp d’extermination. Auschwitz-Birkenau est un camp immense et je ne les ai pas vus. Cette fois, je comprends que tout ce que j’ai entendu dire est vrai, que toutes les personnes que je n’ai plus revues depuis notre arrivée ont été assassinées, que mes petits enfants de Louveciennes ont été supprimés dès leur arrivée [p. 71].

Or, il faut savoir qu’à Auschwitz, de nombreux blocks servaient d’infirmerie, qui accueillaient certaines catégories de malades bien précises, d’où ces nombreux transferts de patients.
Dans son témoignage, ainsi, un autre déporté à Auschwitz, André Rogerie, explique qu’arrivé malade de Dora, il fut d’abord placé en quarantaine. Puis, après une première sélection, il fut admis dans un block du camp F, le camp hôpital. Là, le médecin diagnostiqua une gale mal soignée, si bien qu’il fut transféré « dans un block spécial, le block 15, réservé aux maladies de la peau »[14]. Dans le même temps, son compagnon d’infortune, Gouaslard, atteint de dysenterie, était « dirigé sur un autre block spécial pour sa maladie » (Id.).

Par conséquent, la scène dont a été témoin D. Holstein ne prouve absolument rien, et je suis persuadé que sans les rumeurs sur le docteur Mengele, les chambres à gaz, les expériences médicales, le savon humain, la sélection se serait passée dans le plus grand calme et jamais l’auteur n’aurait eu son « illumination ».

Plus loin, D. Holstein parle des Allemands qui détruisent les chambres à gaz. Mais là encore, elle ne fait que rapporter un bruit parmi beaucoup d’autres et elle a l’honnêteté de souligner que les sources étaient loin d’être fiables. On lit :

Les fausses nouvelles circulent, nourries de tout notre espoir et de toute notre angoisse. Nous ne savons pas où en est la guerre […]. Certaines qui travaillent près des Allemands entendent des bribes de conversations à partir desquelles elles construisent bien des histoires. Il paraît qu’ils détruisent les chambres à gaz et les crématoires. Il paraît que les Russes s’approchent[15].

D. Holstein sera finalement évacuée sans avoir rien vu. Mais par la suite, elle aura une confirmation de ce qu’elle avait découvert par illumination intérieure et même plus ; elle aura « la meilleure preuve du sadisme allemand ».
Laquelle ? Ouvrons son livre à la page 106. Elle écrit :

Pour terminer ce récit, je voudrais écrire ce qui m’a été raconté à mon retour par un camarade revenu d’Auschwitz. Je crois que c’est ici la meilleure preuve du sadisme allemand.

A l’arrivée, les personnes qui montaient dans les camions entraient dans une pièce pour se déshabiller. Il y avait là de grands écriteaux demandant aux gens de bien ranger leurs affaires pour les retrouver à la sortie. Ils descendaient dans une chambre de douche où ils étaient asphyxiés au Zyklon B. Le plancher s’écartait et les corps tombaient sur une espèce de tapis roulant et, un peu plus loin, on coupait les cheveux pour en faire des bas de soie. On retirait les dents en or à coups de marteau et on découpait les tatouages car la femme du commandant avait la manie de faire des abat-jour avec la peau tatouée des suppliciés. Ensuite les corps étaient brûlés et on récupérait la graisse pour en faire du savon »

[p. 106].

On trouve là un aperçu des principaux bobards qui circulaient dans les camps après la guerre : l’extermination parfaitement automatisée avec des chambres à gaz munies de tous les appareillages adéquats (planchers escamotables, tapis roulants), les abat-jour en peau humaine (rumeur qui concernait Buchenwald, pas Auschwitz) et le savon en graisse de juif.

D. Holstein y a cru (et y croit encore, voy. plus bas), non parce qu’elle a vu, mais parce qu’on le lui a dit.

Voilà pourquoi, comme beaucoup d’autres, elle s’est tue pendant plus de quarante ans. Tout simplement parce que, ayant vécu une déportation banale, elle n’avait rien à dire d’extraordinaire sur son propre cas. Tout ce qu’elle aurait pu faire pour rendre son récit intéressant, c’était répéter ce qu’on lui avait rapporté sur les (prétendue) atrocités allemandes.

D. Holstein : créature de Serge Klarsfeld

1990 : S. Klarsfeld contacte D. Holstein

Dès lors, pourquoi a-t-elle changé ? Dans son livre, elle l’explique clairement.
Elle raconte qu’en 1990, Serge Klarsfeld lui téléphona personnellement. Il l’invitait à participer à une cérémonie au cours de laquelle une plaque commémorant le souvenir des enfants de Louveciennes déportés serait apposée. Sa présence était souhaitée au motif qu’elle était la seule rescapée (connue) du groupe. D. Holstein accepta. Elle écrit :

Le 10 décembre 1990, j’ai donc accompagné Serge Klarsfeld à Louveciennes pour inaugurer la plaque apposée place de Dreux, à l’emplacement du Séjour de Voisins où j’avais passé un mois avant que nous ne nous installions rue de la Paix. Serge Klarsfeld a fait un discours. Le rabbin a dit une prière. Ensuite, nous nous sommes retrouvés à la mairie pour une petite réception organisée par le député-maire de Louveciennes, Pierre Lequiller [pp. 8-9].

S. Klarsfeld pousse D. Holstein à témoigner

Tout aurait pu en rester là. Mais S. Klarsfeld avait d’autres plans. D. Holstein poursuit :

Serge Klarsfeld, très amical parce qu’il savait bien ce que pouvait être mon émotion, m’a demandé ce que je faisais. Je lui ai répondu que j’étais retraitée, que je jouais au bridge. La réponse l’a surpris.

Ce n’est pas ce que je vous demande. Est-ce que vous faites quelque chose pour la Mémoire ?

Non, je ne faisais rien pour la Mémoire. Je ne pouvais rien faire, rien dire. J’étais complètement bloquée, comme il avait pu lui-même s’en rendre compte.
Très gentiment, sans me faire de reproche, il m’a dit :

Vous savez, il y a beaucoup à faire. Il faut que tout le monde sache ce qui s’est passé.

Mais j’étais sûre de ne rien pouvoir faire. Je ne le lui ai pas dit.

Vous devriez parler. Il faut que la mémoire vive. Il faut tout faire pour qu’on n’oublie pas, pour que les enfants d’aujourd’hui sachent ce qui s’est passé. Tel est le devoir des survivants.

Je ne savais pas qu’à ce moment-là commençait pour moi une autre histoire. Durant les mois qui suivirent, je ne pensais pas trop a ce que m’avait dit Serge Klarsfeld. De toute façon, depuis quarante-cinq ans je me taisais, je ne pouvais pas parler. Et que pouvais-je faire d’autres ? [pp. 9-10]

Un détonateur : l’affaire Brunner

Un an plus tard, D. Holstein fut contactée par un journaliste de France Soir qui travaillait en collaboration avec Beate Klarsfeld. A l’époque, celle-ci voulait obtenir de la Syrie l’extradition d’Aloïs Brunner. Bien que D. Holstein ne l’écrive pas explicitement, il paraît évident que l’objectif était d’orchestrer une campagne de presse à partir de la France pour faire pression sur la Syrie.
D. Holstein fut d’ailleurs interrogé et un premier article parut dans France Soir le 18 décembre 1991. Puis la survivante rencontra d’autres journalistes.

D’autres journalistes sont aussi venus me voir, me photographier ; p. 11).

Sans surprise, elle entra dans le jeu des Klarsfeld :

Il me paraissait alors important de témoigner contre Aloïs Brunner, de m’associer à ceux qui réclamaient son extradition de Syrie (une demande officielle avait été faite par notre ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas). […] si Aloïs Brunner était extradé, s’il y avait procès en France, je serais un des témoins [p. 11].

D. Holstein se lance

Tout s’écroula cependant lorsque la Syrie repoussa la demande d’extradition. Mais D. Holstein était lancée. Dans le club de bridge qu’elle fréquentait, venait également un professeur d’Histoire en activité. Elle lui montra un récit de déportation qu’elle avait écrit en 1945. L’enseignante le lit à ses élèves et l’invita à venir dans sa classe pour parler à ses élèves. Elle accepta et cette première expérience fut concluante. Alors une envie d’agir germa dans son esprit :

Je me souvenais de ce que m’avait dit Serge Klarsfeld : je devais faire quelque chose pour la mémoire. Mais quoi ? Pendant des semaines et des semaines, je me suis posé la question. En fait, j’avais envie de recommencer, de parler encore à des jeunes. J’ai fini par ne plus penser qu’à ça [p. 13].

D. Holstein contacta alors le rectorat ; un inspecteur de l’enseignement lui promit de « donner un avis favorable aux enseignants » (Id.).
La survivante enregistra son récit sur une cassette, puis elle appela « tous les lycées et collèges » (p. 14). Après bien des réponses évasives (« Envoyez votre cassette et de la documentation. On verra » ; p. 14), la directrice d’un collège de Rouen fut enthousiasmée :

Mais c’est merveilleux ce que vous faites ! Venez, on vous attend. Je veux absolument que tous mes élèves vous écoutent (p. 15).

D. Holstein se rendit à Rouen. Son intervention fut un succès encore plus éclatant que le précédent. Cette fois, la machine était vraiment lancée :

C’était il y a trois ans, écrit-elle en 1995. Depuis, j’ai visité plus d’une centaine d’établissements et j’ai parlé, je pense, devant plus de vingt mille élèves » (Id.).

D. Holstein a trouvé une raison d’être

Bien plus que l’impression de remplir une mission, D. Holstein affirme qu’en témoignant, elle a trouvé une « raison d’être ». L’avant-dernier chapitre de son livre s’intitule : « J’ai trouvé une raison d’être » (p. 105). Elle écrit :

Depuis que je parle, mes amis disent que je suis transformée. Quand je rentre d’une journée passée dans un ou plusieurs collèges à discuter avec les adolescents, je suis épuisée, mais heureuse. Et ça se voit, paraît-il [p. 109].

[…] j’ai trouvé, en sortant du silence, une raison d’être : aider à garder vive la Mémoire [p. 116].

Comment se fabrique un « témoin de l’Holocauste »

L’histoire de D. Holstein est donc intéressante à plus d’un titre : bien que son destin soit peu enviable, elle a vécu une déportation que l’on pourrait qualifier d’ordinaire. Elle fait partie de tous ces juifs dont l’expulsion et la vie dans les camps démontrent que s’il y a bien eu persécution, il n’y a pas eu, en revanche, de tentative d’extermination.
Sinon, pourquoi l’avoir soignée pendant dix semaines à Auschwitz alors qu’il aurait été si simple de la laisser mourir ? Certes, elle croit en l’ « Holocauste ». Mais son témoignage sincère en bien des points démontre qu’elle n’a rien vu ; elle croit uniquement sur la base de vagues ouï-dire.

Voilà pourquoi, pendant des années, elle s’est tue. Elle s’est tue parce qu’elle n’avait rien à apporter, bien au contraire.

Si, aujourd’hui, elle parle comme « témoin » et « rescapée » de la Shoah, c’est parce qu’elle y a été poussée par le fanatique de la Mémoire Serge Klarsfeld et que, par la suite, elle y a trouvé une « raison de vivre ». On la comprend : il est plus intéressant d’être un centre d’attention permanent que de vivre une petite vie de retraitée, même si elle se déroule confortablement, au soleil à jouer au bridge.

Mais sachant que son expérience personnelle n’a rien d’extraordinaire, et qu’elle pourrait même apporter de l’eau au moulin révisionniste, D. Holstein est contrainte d’y inclure, en les présentant comme des vérités certaines, tous les bobards terrifiants qu’elle a entendus à Auschwitz (savon humain, abat-jour en peau humaine).

Dans le dernier chapitre de son témoignage, au moment de conclure, elle assène :

Oui, dans les camps d’extermination, le pire fut vrai, chambres à gaz et crématoire, assassinats et tortures diverses, savon fait à partir de graisse humaine et abat-jour en peau humaine tatouée [p. 127].

Un peu auparavant, elle cite élogieusement le film tiré du livre de Martin Gray, Au nom de tous les miens[16] alors que dès 1983, l’auteur avait été dénoncé comme un vulgaire faussaire par Pierre Vidal-Naquet lui-même[17].
Elle déclare également que la série télévisée Holocauste lui a parue « très juste »[18], alors qu’en 1989, François Bédarida l’a qualifiée de « construction mélodramatique et artificielle »[19].

Voilà donc comment, grâce à - ou, plus exactement, à cause de - S. Klarsfeld, une ancienne déportée qui n’avait rien à dire et qui avait eu l’honnêteté de se taire pendant près de cinquante ans est soudainement devenue - au prix du mensonge - un « témoin » clé de l’ « Holocauste ».

Le cas de C. Shapira

Elle n’est pas la seule. C. Shapira en est un autre exemple. Devant les élèves, cette femme va beaucoup plus loin que D. Holstein. Elle utilise les bobards qui ont circulé dans les camps pour bâtir une histoire personnelle. Ainsi se présente-t-elle comme une miraculée qui aurait de justesse évité la chambre à gaz après avoir été sélectionnée par le docteur Mengele (toujours lui !). Elle raconte :

Quand je suis passé devant lui, il m’a attrapée par le bras et m’a jetée dans une petite pièce avec huit autres. C’était sa conception de la sélection. La première nuit fut horrible. Nous savions ce qui nous attendait : l’expérimentation médicale ou la chambre à gaz. Puis des hommes en quête de « main-d’œuvre » sont venus chercher leurs « esclaves ». Alors, dans un réflexe de survie, je me suis frotté les joues pour éviter ma pâleur, tout en bombant le torse pour paraître beaucoup plus costaud que je n’étais. Voilà comment j’ai échappé à la mort promise en chambre à gaz [Id.].

Passons rapidement sur le fait que les Allemands auraient été dupes d’un stratagème aussi grossier (se frotter les joues et bomber le torse pour paraître costaud). Ce récit n’est pas crédible pour deux raisons :

1°) On prétend que des déportés aptes au travail affluaient de toute l’Europe au point que les Allemands ne se souciaient nullement de les nourrir et de les soigner. Dès que les « esclaves » donnaient des signes de faiblesse, ils étaient envoyés aux gaz et remplacés par d’autres. Par conséquent, on ne voit pas pourquoi les administrateurs d’Auschwitz auraient été chercher des travailleurs parmi huit personnes malingres sélectionnées la veille pour la chambre à gaz.
2°) A supposer ce récit vrai, on en déduit que dans les camps régnait la plus grande confusion : la veille, le docteur Mengele sélectionnait huit personnes pour la mort. Mais le lendemain, il en manquait car entre-temps, d’autres responsables avaient, quant à eux, estimé que certaines pouvaient encore travailler. Cela ne ressemble pas du tout aux méthodes allemandes !

De façon évidente, C. Shapira ment pour se présenter comme une « miraculée ». J’ajoute qu’elle le fait sans imagination, car son récit est semblable à bien d’autres qui ont circulé après la guerre et qui parlent de sauvetage in extremis grâce à une intervention providentielle.

Il y a quelques mois, j’en ai cité deux :

Un paru dans le quotidien français Ce Soir le 13 juin 1945 ; il évoquait le cas d’un petit juif qui aurait été mis dans une chambre à gaz avec mille autres enfants mais qui en aurait été sorti juste avant que les gaz ne fussent introduits, un Allemand étant intervenu pour que l’on sauva tous ceux qui étaient encore capables de travailler[20].

Le deuxième était celui de Régina Bialek, qui aurait été retirée de justesse de la chambre d’asphyxie - alors que les gaz avaient déjà été introduits ! - grâce à l’intervention du docteur Mengele[21].

Aujourd’hui, cependant, plus aucun historien n’ose mentionner ces récits, tant ils sont incroyables. Voilà sans doute pourquoi C. Shapira n’a pas osé prétendre qu’elle avait été sauvée dans la chambre à gaz même. Mais cela ne sauve en rien son témoignage qui reste irrecevable pour les deux raisons exposées plus haut.

Personnellement, je pense que, tout comme D. Holstein, l’ancienne déportée a connu la douleur, de la séparation, un voyage exécrable vers Auschwitz, l’humiliation de la tonte, les appels, la violence des kapos, la nourriture insuffisante (surtout à la fin), les atroces évacuations. Un destin certes terrible, mais - hélas - banal dans les camps. Voilà pourquoi, comme beaucoup d’autres, elle s’est tue pendant plus de quarante ans. Parce qu’elle n’avait rien à dire d’extraordinaire. Puis un jour, sans doute poussée par des fanatiques de la Mémoire, elle s’est inventée un personnage « historiquement correct » : celui d’une miraculée victime de Mengele.
Et aujourd’hui, elle intervient dans les milieux scolaires.

Un menteur éhonté, Jo Wajsblat

Chez d’autres, le mensonge est encore plus aisé à découvrir. Citons par exemple Jo Wajsblat, ancien déporté à l’âge 16 ans à Auschwitz. Aujourd’hui septuagénaire, ce juif d’origine polonaise accompagne des enfants lors des « pèlerinages ».
Lui qui aurait vécu l’enfer en déportation et qui aurait failli être gazé, il se promène les mains dans les poches dans la prétendue chambre à gaz d’Auschwitz I. C’est déjà très suspect.
En outre, son récit sonne faux. Car avec une audace incroyable, cet homme se présente comme un double « miraculé ». Une première fois, en effet, il aurait « échappé à une sélection pour la chambre à gaz en fuyant par le toit du baraquement »[22]. Puis vint une deuxième sélection. Il raconte :

Et je n’ai pas pu m’échapper. Nous étions plus de 500 enfermés ici, dans cette chambre à gaz. Je pleurais, je criais, c’était la fin. Des juifs hongrois ont commencé à réciter le Shema. Soudain, la porte s’est ouverte et le nazi en charge de la sélection nous a fait sortir. Un subordonné avait voulu faire du zèle et le chef n’avait pas été mis au courant. Pour affirmer son autorité, il nous a libérés. Une cinquantaine de personne est sortie. Il a refermé la porte sur les 450 autres, qui ont été gazées [Id.].

A quelques détails près, nous retrouvons le même récit que celui paru dans Ce Soir en juin 1945.
Mais ce qu’on lit dans le Journal du Dimanche suffit à lever les derniers doutes sur le crédit à accorder à ce J. Wajsblat.
Dans un article intitulé : « Des lycées découvrent les camps de la mort », un journaliste raconte.

Jo, lui, se contente d’exhiber les objets qu’il conserve précieusement « pour témoigner » : son pantalon rayé et un morceau de savon fabriqué avec de la « graisse de juif ». Pendant la minute de silence, quelques lycéens ne peuvent retenir leurs larmes[23].

Ailleurs, l’inscription devient : « bonne graisse juive » :

Jo brandit son pyjama rayé de détenu qu’il garde toujours sur lui. Dans son autre main, il brandit un savon fait de graisse humaine avec l’inscription allemande « bonne graisse juive »[24].

J. Wajsblat est donc un menteur effronté qui s’est construit un personnage en reprenant à son compte les bobards véhiculés en 1945 (j’ai été sauvé de justesse de la chambre à gaz ; j’ai un savon en graisse de juif) et en ayant même pris la précaution de se procurer un petit bout de savon.

Tous ces faux témoins doivent être dénoncés dès que l’occasion se présente, afin de prouver aux élèves qu’on se moque d’eux.

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[1] Voy. Nice-Matin, 20 décembre 2003, p. 2.
[2] Voy. Actualité juive, n° 787, 6 mars 2003, article intitulé : « Parce que la Shoah est une réalité ».
[3] Voy. Le Perche, 22 octobre 2003, p. 47.
[4] Voy. Nice-Matin, 14 février 2004, p. « Antibes F2 B3 ».
[5] Voy. D. Holstein, Je ne vous oublierai jamais mes enfants d’Auschwitz (Edition n° 1, 1995), p. 15.
[6] Voy. Nice-Matin, 20 décembre 2003, p. 2.
[7] Voy. D. Holstein, Je ne vous oublierai jamais, p. 20.
[8] « Nous avons nos affaires. Nous recevons des colis, des lettres » (p. 33).
[9] [« […] ce sont les internés eux-mêmes qui assurent la plupart des services, que ce soit la cuisine, le nettoyage ou l’infirmerie » (p. 34) ; « Ce ne sont pas les Allemands qui établissent ces listes [de déportés]. Ils se contentent de fixer un nombre, de dire qu’il faut tant de personnes, pour le prochain convoi. Ce sont les internés qui ont la difficile, douloureuse, tâche de désigner les futurs déportés » (p. 35). A ce propos, elle raconte qu’au début, les responsables protégeaient les jeunes en désignant en priorité « des personnes âgées, malades » (p. 35). Mais les Allemands s’en aperçurent et, « furieux », ils dressèrent eux-mêmes une liste de 1 500 jeunes qui partirent en février 1943 : « Ils [les responsables juifs du camp] essayent le plus possible de protéger les jeunes, de faire partir des personnes âgées, malades. Les Allemands s’en aperçoivent. Furieux, ils décident qu’il faut faire un convoi de mille cinq cents personnes jeunes » (p. 35). A supposer que les Allemands aient déporté les juifs pour les exterminer jusqu’au dernier, ils auraient accepté de commencer par les vieillards. Le fait qu’ils aient voulu en priorité des jeunes confirme que les grandes déportations commencées en 1942 avaient un lien étroit avec le recrutement de la main-d’œuvre.
[10] Voy. Documents 3. Revue mensuelle des questions allemandes, numéro de mars 1950, intitulé : « Terreurs sur l’Allemagne », p. 280.
[11] « Dans notre groupe de Françaises […] nous sommes vraiment solidaires. D’autant plus que nous sentons que les autres déportées ne nous acceptent qu’à contrecœur. A Auschwitz, la grande majorité des détenues vient d’Europe centrale » (p. 57).
[12] « Polonaises ou ukrainiennes le plus souvent, ce ne sont plus des femmes, ce sont des monstres » (p. 60).
[13] Voy. R. Hilberg, La destuction des juifs d’Europe (éd. Fayard, 1988), p. 826, n. 26.
[14] Voy. A. Rogerie, Vivre, c’est vaincre (Hérault-Éditions, 1990), p. 70.
[15] Voy. D. Holstein, Je ne vous oublierai jamais, p. 73.
[16] « Le film tiré du livre de Martin Gray, Au nom de tous les miens m’a aussi bouleversée et j’ai eu la chance de rencontrer cet homme extraordinaire […] » (p. 111).
[17] Voy. Le Monde, 27 novembre 1983, p. 9. P. Vidal-Naquet parle d’un M. Gray « qui, exploitant un drame familial, a inventé de toutes pièces un séjour dans un camp d’extermination où il n’a jamais mis les pieds ».
[18] « Côté fiction, la série télévisée Holocauste et le film de Sven [sic] Spielberg La liste de Schindler m’ont paru aussi très justes » (p. 112).
[19] « on se défiera du film à succès Holocauste, de Marvin Chaomsky (1978), construction mélodramatique et artificielle » (voy. F. Bédarida, Le nazisme et le génocide. Histoire et enjeux, p. 64).
[20] Voy. Le Révisionniste, année III, n° 3-4, 6 novembre 2003, p. 56, n. 2.
[21] Ibid., p. 56, col. A.
[22] Voy. Tribune juive, n° 1549, 14 mars 2003, p. 19.
[23] Voy. Le Journal du Dimanche, 7 décembre 2003.
[24] http://www.larepublique.com/news/archivestory.php/aid/4699/Un_voyage_pour_la_mémoire.html

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