Déclarations entendues au procès de Nuremberg

La « race des seigneurs » dans le IIIe Reich

Dans l’Allemagne de Hitler, certains ont soutenu la thèse de la « race des seigneurs ». Mais au sein de ce parti hétéroclite qu’était la NSDAP, ils n’étaient certainement pas majoritaires.

Interrogé, à Nuremberg, sur le sens qu’il accordait à l’expression « race des seigneurs », Hermann Göring dit :

Personnellement, je n’y entends rien, car ce mot [qui, en français, devient une expression] vous ne le trouverez dans aucun de mes discours, dans aucun de mes écrits [TMI, IX, 286].
Je n’ai jamais dit que j’estimais qu’une race était supérieure aux autres, mais j’ai insisté sur la différence entre les races [Ibid., p. 688].
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Cette position était largement partagée dans les hautes sphères du gouvernement allemand. La meilleure preuve est que les directives officielles concernant la propagande interdisaient le racisme outrancier.
A Nuremberg, l’ancien chef du service de la Radio au ministère de la propagande, Hans Fritzsche, déclara nettement :

Je n’ai jamais propagé ou représenté la théorie de la race des seigneurs. J’ai évité cette expression. Je l’ai strictement interdite à la presse et à la radio allemandes pendant l’époque où je les ai dirigées. Je crois également que la notion de race des seigneurs a joué un rôle plus important dans la propagande anti-nationale-socialiste qu’en Allemagne même. J’ignore qui a inventé cette expression. Elle n’a été publiquement employée, pour autant que je le sache, que par des hommes tels que le Dr Ley qui, je dois le dire ouvertement et expressément, n’ont jamais été pris au sérieux par personne. D’une façon tacite, cette notion a joué un grand rôle auprès des SS en raison de son caractère exclusif au point de vue racial. Mais les hommes intelligents, pleins de tact, et connaissant quelque peu le monde, évitaient soigneusement l’emploi de ce terme [TMI, XVII, 155].
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Peu après, il précisa :

La propagande allemande – et je veux dire par là la propagande officielle allemande – n’a jamais prêché la haine raciale, mais la théorie de la distinction raciale, ce qui est bien différent. Mais je vous avoue qu’il y avait une sorte de propagande allemande qui dépassait ce stade et prêchait une haine raciale pure et primitive [Ibid., p. 201.].
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Ces citations confirment que si certains nationaux-socialistes ont pu soutenir les assertions racistes rejetées par le Vatican, ce racisme radical n’était pas un élément essentiel de l’hitlérisme. On pouvait suivre Hitler sans pour autant déifier la race, c’est-à-dire en faire un absolu face auquel tout devait plier.

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