On s’attendrait à trouver, dans les dessins, de multiples représentations de ces locaux à destination criminelle..

Les enfants déportés et les chambres à gaz

par Pierre Marais

Les illustrations ci-après sont extraites du livre d’Inge Deutschkron, Tel était leur enfer. Les enfants dans les camps de concentration[1].
Au nombre de trente-deux, elles représentent des dessins censés avoir été réalisés par des enfants internés dans des camps de concentration pendant la deuxième guerre mondiale – on reconnaîtra celui de Birkenau – et accompagnent de nombreuses « dépositions » qui émanent non seulement « de témoins oculaires mais aussi de quelques-uns d’entre ceux qui furent déportés pendant leur enfance dans ces ghettos et ces camps »[2].
Parmi les auteurs de ces dépositions, un seul se voit attribuer des dessins (au nombre de quatre) : il s’agit de Jehuda Bacon, déporté « à Auschwitz en décembre 1943 à l’âge de quatorze ans »[3].

Des enfants qui, d’après la thèse officielle, connaissaient l’existence des gazages en masse

Il n’est pas question ici de nous livrer à une critique systématique de toutes ces « dépositions » (il y en a 78), recueillies après la guerre et lors de divers procès.
On remarquera seulement que la plupart des auteurs ont été déportés à Auschwitz(-Birkenau) et que les mots « gaz », « gazés », « chambre à gaz », s’y rencontrent plus de cinquante fois en 131 pages[4].
Ajoutons que, si l’on en croit ces dépositions publiées dans l’ouvrage, les enfants connaissaient, du temps de leur déportation, l’existence des (prétendues) chambres à gaz homicides.

L’un d’entre eux, Otto Dow Kulka, qui avait dix ans lorsqu’il arriva à Auschwitz, déclara en 1964 :

Nous pouvions également observer ce qui se passait à la rampe [de sélection]. Surtout, nous, les enfants, nous avions beaucoup de temps libre et, depuis notre terrain de jeu, situé non loin de la rampe, nous observions pendant des heures l’arrivée des transports et les sélections [pp. 63-64].

De son côté, une femme qui travailla au block des enfants de Birkenau écrit :

[Les enfants] ne croyaient à rien – ou plutôt ils n’étaient convaincus que d’une chose : la toute-puissance du four crématoire fumant devant leurs yeux. Quand les flammes crépitaient, ils faisaient sèchement la remarque qu’un nouveau transport avait dû arriver [p. 58].

Citons enfin J. Bacon qui, au procès d’Auschwitz, déclara :

Souvent, les flammes [sortant des fosses de crémation] montèrent si haut que les barres de fer environnantes se tordaient sous la chaleur. Nous autres, enfants, regardions toujours vers les fours crématoires en plaisantant : maintenant les nuages de fumée sont blancs, sûrement qu’on y brûle du papier ou des gens gras, et d’autres propos semblables [pp. 72-73].

Toujours au procès d’Auschwitz, J. Bacon raconta qu’il avait même, durant sa déportation, « visit[é] les chambres à gaz » :

[…] il arriva que nous pûmes visiter les chambres à gaz, les fours et toute l’installation, surtout le four crématoire souterrain numéro 2 [Erreur : il n’y avait pas de fours crématoires souterrains, mais seulement deux morgues (dont l’une est aujourd’hui présentée comme ayant été une chambre à gaz homicide). Le déposant a confondu avec les morgues enterrées (Leichenkeller).] Nous étions jeunes alors et tout nous intéressait […]. Les fours crématoires 1 et 2 étaient d’une construction tout à fait moderne. on allait d’abord – ainsi me raconta un membre du commando spécial – dans un vestiaire […]. Les gens devaient se déshabiller. Aux murs, il y avait des crochets numérotés […].
Une fois les gens déshabillés, on les poussait dans les chambres à gaz. A première vue, on pouvait prendre les chambres à gaz pour une véritable salle de douches. J’étais très curieux et regardais de très près. Je découvris alors que, dans l’appareil de douche, les trous étaient seulement feints. En dessous se trouvaient les ouvertures pour les ventilateurs. Les lampes du plafond étaient entourées d’un abat-jour en fil de fer. Deux grilles ressemblant à des cages, d’un diamètre d’environ 20 centimètres, descendaient du plafond jusqu’au sol.
Quand tout était prêt, un SS ouvrait une lucarne sur le toit de la chambre à gaz et versait le cyclon B dans ces cages [pp. 70-72].

Cet ouvrage tient donc à nous faire croire :

a) Que les enfants déportés ont connu, pendant leur séjour eux camps, l’existence des (prétendues) chambres à gaz homicides, certains les ayant même visitées ;
b) Que ces abattoirs humains faisaient partie de la vie ordinaire dans les camps.

On s’attendrait par conséquent à trouver, dans les dessins, de multiples représentations de ces locaux à destination criminelle, ce qui nous conduira à relever dans ces dessins les divers éléments qui y apparaissent, puis à proposer d’en tirer des enseignements et une conclusion dans l’hypothèse, que cette conclusion justifiera, où ces tracés sont authentiques.

Ce que les enfants ont représenté dans leurs dessins

Des enfants déportés ont donc essayé de représenter, avec une naïveté émouvante, ce qu’au cours de leur internement ils ont vu, ou cru voir, ou imaginé d’après les propos tenus et les descriptions données par les adultes de leur entourage.

Nous avons classé ces figuration en trois catégories :

a) Les lieux ;
b) Les véhicules ;
c) Les personnages en situation.
Examinons-les successivement (un même dessin peut comporter plusieurs catégories de figurations ; les numéros entre parenthèse sont ceux des dessins).

a) Les lieux

– Baraquements de détenus (11, 15, 17, 18, 22, 28 et 30[5]) ;
– Clôture de fil de fer sur poteaux (5, 7, 8, 11, 15, 27 et 30) ;
– Bâtiments de crémation (5, 25, 28 et 32[6]) ;
– Bâtiment divers à l’intérieur du camp (24, 27, 31[7]) ;
– Entrée d’un camp de concentration (7 et 8) ;
– Latrines (Kloset, Abort), lavabo (16 et 17) ;
– Guérite de sentinelle (11 et 27) ;
– Immeubles extérieurs (9 et 26) ;
– Miradors (28) ;
– Bâtiment de désinfection (noté « ENTWESUNG ») (16)
– Bâtiment à porche, frappé d’une étoile de David (3[8])

b) Les véhicules

– Charrette à bras (3)
– Charrette hippomobile (6)
– Voiture particulière portant fanion à svastika (24)
– Camion bâché (2)
– Wagons de chemin de fer ( ?) (8)
– Véhicules divers (9)

c) Les personnages en situation

Scènes d’arrestation ou de déportation (1, 2, 3, 4, 13, 19, 24, 26, 29)

– Famille parmi ses bagages et ses meubles, semblant attendre une déportation (1)
– Groupe d’hommes, de femmes et d’enfants chargés de bagages et entourés de gardes pénétrant dans un bâtiment ou un camp ou sortant d’un ghetto (3)
– Longue cohorte d’hommes, de femmes et d’enfants, encadrés par des soldats brandissant des bâtons (29)
– Deux gardes brandissant l’un un bâton, l’autre un fouet, encadrant un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants portant des bagages (4)
– Soldat contraignant deux hommes et une fillette bras en l’air à monter dans un camion (2)
– Groupe de gens bras levés devant deux gardes (13)
– Trois soldats casqués devant deux portes, semblant procéder à une arrestation (19)
– Trois personnages bras levés devant trois soldats les menaçant de leur fusil (24)
– Arrestation de quatre hommes en ville par une patrouille (26)
deutschkron_4

Vie à l’intérieur du camp (10, 11, 14, 15, 16, 30)

– Prisonniers inactifs (hommes, femmes et enfants) derrière des barbelés (11)
– Un homme et une fillette (en tenue civile) viennent chercher leur ration de nourriture (16)
– Trois détenus conduits par un Kapo (?), à l’arrière plan, un détenu gît au sol (15)
– Gardes et Kapos encadrant un groupe de détenus en tenue de bagnard, en rang par quatre, pelle sur l’épaule (10)
– Trois femmes en tenue de déportés tenant une pelle sous la surveillance d’un garde et d’un chien (14)
– Appel dans le camp des femmes. Une détenue traîne par les pieds une camarade morte ou évanouie. Une déportée agenouillée porte à bout de bras une lourde pierre. Une détenue, cachant sa nudité avec un bout d’étoffe, est l’objet d’ « attentions » particulières des gardiens (30).

Scènes d’exécution ou de meurtre (5, 15, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 27, 28, 30, 31, 32)

– Un détenu gît au sol (15)
– Trois gardes conduisant un groupe de gens vers un four crématoire (5)
– Sous la menace d’un fusil, deux déportés portent un cadavre au four crématoire (28)
– Visage allégorique formé par la fumée sortant d’une cheminée d’un crématoire (25)
– Deux visages allégoriques (un homme et sans doute une femme sur le front de laquelle on distingue l’étoile de David) semblant issus de la fumée crachée par les cheminées de deux crématoires (32)
– Un groupe de femmes effrayées et implorantes, certaines tenant un bébé, sous le menace de trois soldats, dont une femme, et d’un chien. Au fond, une cheminée crache des flammes et de la fumée (23)
– Trois détenus vont être pendus devant un groupe de déportés. Un Allemand en uniforme paraît lire la sentence (20)
– Deux détenus pendus (30)
– Pendaison de trois personnages (qui paraissent être des enfants) devant deux soldats. Un quatrième enfant (?) est menacé du pistolet d’un autre soldat (27)
– Une femme et un enfant devant un pendu ; notons que la scène paraît se dérouler hors d’un camp (31)
– Exécution à l’arme à feu de détenus qui tombent dans une fosse. A l’arrière-plan, quatre détenus bras levés sont menés par un garde qui brandit en fouet. – Deux hommes en uniforme les visent avec leur fusil (21)
– Exécution au pistolet et à la mitrailleuse (28)
– Trois hommes bras levés contre un mur, sur le point d’être fusillés (24)
deutschkron_20

– Personnages divers (militaires et civils) déambulant dans les rues d’une ville (probablement une ville polonaise occupée) (9)
– Groupe de gens, semblant en exode – on ne voit aucun gardien -, en marche sur une route (6)
– File de gens (certains sont en tenue de déporté) qui paraissent porter des morts sur des civières et qui sont entourés de gardes avec des chiens rentrant dans un camp (Birkenau ?) (7)
– Visage d’un enfant (avec le matricule) (12)

Aucune représentation d’une « chambre à gaz » homicide ne peut être décelée dans aucun des dessins publiés

L’examen attentif de ces trente-deux dessins du livre d’I. Deutschkron nous révèle qu’ils dépeignent le monde concentrationnaire qu’ont pu les vivre des enfants internés, tel qu’il a été mainte fois décrit par des témoins dignes de foi et tel qu’il peut être aisément imaginé par ceux qui ne l’ont pas connu.

Rien dans ce que ces dessins représentent avec précision ou évoquent ne heurte la vraisemblance et n’a jamais été contesté : arrestations, déportation, travaux forcés, mauvais traitement, exécutions par pendaison et armes à feu, l’épouvante et la maladie, visibles sur les visages, incinérations en fours crématoires.

On remarquera – mais avons-nous ici la collection complète de ces dessins d’enfants ? – qu’aucun dessin ne représente le passage à la douche, à la piscine, au sauna, un match de football ou un concert de chorale ou d’orchestre tel qu’il s’en donnait, par exemple – nous le savons -, à Auschwitz, toutes activités liées à la vie dans les camps et faisant partie de leur histoire réelle.

deutschkron_16
En revanche, ces enfants connaissaient parfaitement l’existence d’installations de désinfection (voy. le dessin n° 16 : bâtiment portant l’inscription ENTWESUNG) et celle des crématoires.

Soulignons d’ailleurs que J. Bacon a représenté parfaitement le Krema IV (ou V), et relativement bien le Krema II (ou III ; la forme en T est respectée, mais la cheminée, notamment, est mal placée ; voir le dessin). Preuve qu’il les a vus plus d’une fois..
deutschkron_32

Mais, et c’est là le point important, aucun de ces dessins ne décrit ou n’évoque une chambre à gaz homicide d’exécutions collectives. Or, il nous paraît évident que s’il existait des dessins d’époque décrivant ou évoquant les « chambres à gaz », des auteurs, et notamment I. Deutschkron, n’auraient pas manqué de les faire publier, ce qui eût constitué un argument en faveur de la thèse de la réalité historique de ces chambres ; de tels dessins, manifestement, n’existent pas.

On peut alors se poser les questions suivantes :

Comment des enfants déportés à Auschwitz-Birkenau, ayant connu l’existence des fours crématoires – une existence qui n’était nullement tenue secrète, puisqu’ils les ont représentés -, auraient-ils pu ignorer, si cela était vrai, que l’on y gazait continuellement des trains entiers de déportés ?
Comment n’auraient-ils pas trouvé un mode de représentation quelconque de telles horreurs ?
Et comment ne pas conclure, devant cette collection que nous considérons comme édifiante, que si les enfants déportés n’ont pas dessiné de chambres à gaz homicides, c’est tout simplement parce qu’ils n’en ont jamais vu ni jamais entendu parler ?

Le dessin n° 23 illustre une simple rumeur sans fondement

deutschkron_23A propos de cette dernière question, nous appelons l’attention du lecteur sur le dessin n° 23, celui qui représente un groupe de femmes effrayées et implorantes devant une cheminée qui crache des flammes et de la fumée.
C’est le seul qui évoque une exécution collective.
Or, de façon extrêmement révélatrice, son auteur n’a pas dessiné de « chambre à gaz ». Nous l’expliquons en rappelant qu’en 1945, une rumeur persistante prétendait que les fours crématoires étaient utilisés directement pour tuer en brûlant.
Le 10 janvier 1945, ainsi, le quotidien Ce Soir rapporta les propos d’un déporté d’après lequel à Buchenwald « les hitlériens brûlaient vifs les détenus ».

Le journaliste poursuivait ainsi :

Un jour, [l’ancien déporté] vit de ses propres yeux incinérer vivants 14 officiers russes et 5 officiers polonais, tous en uniforme[9].

Un peu plus tard, une ancienne internée à Auschwitz évoqua le sort de déportées du bloc 25 :

On venait les chercher et on les transportait au crématorium toutes nues dans un camion » (voy. L’Humanité, 5 avril 1945, article intitulé : « Paulette, rescapée du “camp de la mort” accuse.. »).

Citons également : David Sourès qui fut déporté avec sa famille à Auschwitz. Interrogé après la libération du camp, il déclara qu’à l’arrivée du convoi :

300 [déportés] ont été dirigés sur le camp. Les [2 200] autres, dont ma mère et ma sœur avec son enfant de cinq ans, sont partis directement vers le four crématoire, pour être brûlés[10].

Georges Kitmann, également déporté à Auschwitz, qui affirma :

A la descente du train, tous les vieillards, les mères avec leurs petits enfants furent séparés des personnes bien portantes, dirigés sur le crématorium et brûlés [Ibid.].

Comme on pouvait s’y attendre, des enfants revenus orphelins de leur déportation reprirent à leur compte cette rumeur. Ainsi, l’un d’entre eux prétendit que sa mère avait été :

Mise dans le four à gaz, à Treblinka, avec [s]on frère et [s]a sœur.

Un autre lâcha :

Mon père ; tué à Lublin, ma mère et ma sœur au four crématoire de Majdanek » (voy. Ce Soir, 13 juin 1945).

Quand on sait cela, le dessin reproduit ci-dessus ne saurait surprendre. Il illustre la rumeur selon laquelle les femmes avec leurs petits enfants étaient directement envoyés au crématoire pour y être brûlés.

Notons d’ailleurs que son auteur a certainement imaginé cette scène car, excepté en cas d’incendie, aucune cheminée ne crache des flammes.
Loin, donc, de prouver l’existence des « chambres à gaz » homicides, ce document apporte au contraire de l’eau au moulin des révisionnistes en confirmant l’existence de rumeurs dont tous les historiens admettent aujourd’hui la fausseté.

Jehuda Bacon : un déporté qui a plus tard repris à son compte les bobards de la propagande alliée

Il nous faut revenir sur le cas particulier de l’un des enfants déportés à Auschwitz, Jehuda Bacon, puisque c’est le seul, parmi les auteurs de « dépositions », auquel soient attribués des dessins.
Pas plus que les autres enfants, donc, il n’a dessiné de « chambres à gaz » lorsqu’à quatorze ans il était interné. Est-ce un oubli ? Il semble que, devenu adulte, la « mémoire » lui soit revenue, et avec précision.

Plus haut, nous avons déjà cité un extrait de sa « Déposition au procès d’Auschwitz le 30-10-64 ». Le témoin a notamment déclaré :

A vrai dire, nous devions tous être gazés le 6 juin 1944 [p. 69].
Du camp des hommes nous pûmes voir qu’on les expédia à la chambre à gaz [Ibid.].
Ainsi, il arriva que nous pûmes visiter les chambres à gaz […] surtout le four souterrain n° 2 [p. 70] [Nous avons déjà souligné que cette déclaration est fausse.].
Une fois les gens déshabillés, on les poussait dans les chambres à gaz. A première vue, on pouvait prendre les chambres à gaz pour une véritable salle de douches [p. 71].
Quand tout était prêt, un SS ouvrait une lucarne sur le toit de la chambre à gaz et versait le cyclon B dans ces cages [p. 72].

Suit la description de la ventilation, de l’enlèvement et de « l’utilisation des cadavres », de leur incinération.

Du petit groupe épargné au début, vivent aujourd’hui encore quinze enfants, tous les autres ont passé dans les chambres à gaz (p. 73).

J. Bacon prétend encore qu’en 1944, avec l’arrivée des juifs hongrois, « la capacité des fours crématoires ne suffit plus » :

Il fallut aussi creuser des fosses pour incinérer les morts. Souvent, les flammes montèrent si haut, trois à quatre mètres, que les barres de fer environnantes se tordaient sous la chaleur.. Nous autres, enfants, regardions toujours vers les fours crématoires en plaisantant [p. 72].

Est-il vraisemblable que J. Bacon, apparemment doué pour le dessin, ait pu, comme il l’a déclaré, « visiter les chambres à gaz », assisté au spectacle dantesque d’une incinération en fosse projetant de hautes flammes – une absurdité d’ailleurs (Voir l’article « Filip Müller, faux témoin des fosses de crémation<" pour connaître les arguments qui démontrent l’inexistence des fosses de crémation à Auschwitz) - sans songer à donner la moindre description, fût-elle symbolique, de ce qu’il prétend avoir vu ? Certains répondront que de telles horreurs ne peuvent être représentées par un enfant ou un adolescent. C’est faux : il existe par exemple des dessins exécutés par des petits Japonais qui étaient à Hiroshima ou à Nagasaki en août 1945. L’un d’entre eux montre nettement, au milieu des ruines, une femme brûlée avec son enfant passant devant une charrette remplie de cadavres calcinés. Les enfants savent représenter l’horreur. hiroshima_dessin

Nous écarterons de même le raisonnement selon lequel l’absence de toute « chambre à gaz » sur les dessins serait un indice de leur existence puisque, d’après les historiens, les opérations de gazages se déroulaient dans le plus grand secret. Cette démonstration « par l’absence », chère à Jean-Claude Pressac[11], se heurte au fait que, d’après les « témoignages » cités dans l’ouvrage d’I. Deutschkron, les enfants (et notamment J. Bacon) auraient su, puisqu’ils auraient vu, et que certains auraient même visité les installations homicides.

Dès lors, nous sommes plutôt amenés à conclure, devant l’absence de toute représentation d’une « chambre à gaz » ou d’une scène évoquant un gazage collectif dans les dessins de J. Bacon :

a) Qu’il n’a jamais existé de chambre à gaz homicide à Auschwitz, et
b) Que les dessins de ce jeune déporté sont par conséquent authentiques.

J. Bacon les a exécutés alors que le mythe de l’ « Holocauste » n’était pas parvenu à ses oreilles.

Plus tard, cependant, il a pu lire ou entendre toutes les histoires sur l’extermination de masse, les chambres à gaz homicides, les gigantesques fosses avec leurs immenses flammes, etc. Il les a reprises à son compte, d’où sa déposition de 1964, qui ne correspond nullement à ses œuvre antérieures.

J. Bacon n’est pas un cas unique

Le comportement de J. Bacon peut être rapproché de celui de Primo Levi, ancien déporté à Monowitz (Auschwitz III). Dans un premier livre paru en 1958 (1961 pour la version française), il déclara n’avoir jamais vu de chambre à gaz. Puis, dans un deuxième, il s’affirma convaincu de leur existence[12].

novac_couvUn autre rapprochement intéressant est celui de l’ouvrage d’I. Deutschkron et du livre-« journal » d’Ana Novac, J’avais quatorze ans à Auschwitz (Presses de la Renaissance, Paris, 1982).
Ce récit, ésotérique, confus – on a du mal à identifier les camps de concentration auxquels se rattachent les différents épisodes -, apparemment romancé et rempli d’invraisemblances, peut être classé parmi les « dépositions » recueillies par l’auteur premier cité.
A. Novac ne présente aucune illustration, aucun dessin, mais, dans ce témoignage, il est beaucoup question aussi de « chambres à gaz », de mort par le gaz, encore que ce ne soit que par citations et allusions :

Elle [la « Blockälteste »] nous menace toujours de choses ahurissantes : si nous ne descendons pas tout de suite de la paillasse, elle nous fait, séance tenante, envoyer à Dachau à la chambre à gaz [pp. 53-4].

Elle nous menace […] de nous envoyer d’emblée à Buchenwald dans la chambre à gaz (cette chambre à gaz se trouve alternativement à Auschwitz, à Dachau ou à Buchenwald, selon son humeur) […]. Elle distribue la mort par le gaz avec autant de légèreté que le professeur Wuntsch distribuait des zéros.
novac_p68

Elle me trouve étendu sur la paillasse. A ses questions, je ne réponds que par des gémissements. Elle finit tout de même par me faire cracher.

Tu ne le savais pas ? fait-elle, surprise. On incinère les malades. Calme-toi, pas vivants ! On les passe d’abord par la chambre à gaz.

[p. 164].

Les Françaises ont failli assommer leur Blokowa, qui les avait menacées de la chambre à gaz [p. 172].

Incompréhensible : pourquoi [la « commandante du camp »] tient-elle à nuos endurcir avant de nous expédier au gaz ? [p. 183]

La désinfection habituelle […]. Qu’est-ce qui nous attend derrière cette porte, sous la douche : l’eau ou le gaz ? […] l’eau […] gicle [pp. 191-2].

On sélectionne ! […]
– Je veux aller au travail, dis-je, ferme.
– Écoute [répond la doctoresse], cinquante malades ne me donnent pas autant de tracas que toi toute seule.
– Ce n’est pas une raison, dis-je, pour me laisser expédier comme un mouton à Auschwitz, et avaler le “cyclon” gentiment !
– Déshabille-toi […] Ne te tourmente pas, le gaz ne prend pas sur des spécimens de ton genre [pp. 226-7].

Manifestement, A. Novac n’a pas vu de chambres à gaz dans les camps où elle a été déportée (Auschwitz, Plassow, Visau, Kratzau..) ; cette mystérieuse chambre à gaz n’apparaît que comme une menace, une sorte de croquemitaine, brandie comme moyen d’intimidation ; aucune description n’en est donnée.
Mais il est bien évident qu’en 1945, lorsqu’ils entendirent les histoires véhiculées par la propagande alliée, les déportés comme A. Novac se sont dits : « Ainsi, c’était vrai » et n’ont jamais songé à s’interroger.

Voilà pourquoi par la suite ils ont eux-mêmes véhiculé la légende, en bonne foi[13].

Conclusion

Il est trop facile de rappeler le dicton : « La vérité sort de la bouche des enfants » pour conclure péremptoirement, au seul vu des quelques dessins de jeunes déportés, qu’il ne se trouvait pas de chambre à gaz homicide dans les camps où ils ont vécu puisqu’ils n’en ont pas dessiné.
Mais il est indéniable qu’à ce jour, les historiens officiels n’ont pas pu découvrir un seul dessin d’un jeune déporté qui montrerait une chambre à gaz ou une scène de gazage collectif.

Pourtant, les enfants et les adolescents ont abondamment dessiné, et comme l’a écrit l’auteur d’un texte sur « L’art et les camps » :

les enfants dessinent crûment ce qu’ils voient »[14].

deutschkron_avec-1 deutschkron_avec-2
C’est ainsi qu’ils ont représenté des pendaisons, des exécutions et des crémations avec tous les détails qu’ils pouvaient donner (voir dessins ci-dessus). Nous avons vu aussi qu’ils pouvaient donner des représentations imagées de certaines rumeurs qui couraient dans les camps (déportés brûlés vifs, cheminées de crématoire crachant des flammes).
Or, à notre connaissance, aucun d’entre eux n’a représenté la moindre « chambre à gaz » homicide ou la moindre scène de gazage collectif.

Loin, donc, de confirmer la thèse de l’ « Holocauste », les dessins des enfants déportés militent en faveur des révisionnistes.

____________________________________________________________________________

[1] éd. La Jeune Parque, 1968, traduction de l’ouvrage original en langue allemande ..denn ihrer war die Hölle ! (Verlag Wissenschaft und Politik, 1965).
[2] Voy. la page de présentation, vraisemblablement rédigée par l’éditeur ; notons dès à présent qu’il fait une différence entre les enfants déportés et les « témoins oculaires ». Or, les enfants déportés n’étaient-ils pas eux-aussi des « témoins oculaires » ?
[3] Voy. pp. 68 et 126 (ces pages sont celles de la traduction française). Dans son ouvrage intitulé Le Mythe d’Auschwitz (éd. La Vieille Taupe, 1986), Wilhelm Stäglich critique les déclarations de ce « témoin oculaire ».
[4] Voy. pp. 35 (« gazés »), 39 (« “Le gaz, le gaz” ! »), 45 (« pour les gazer », « à la chambre à gaz »), 48 (« vers la chambre à gaz »), 49 (« en direction de la chambre à gaz »), 53 (« en face des chambres à gaz », « ces enfants furent gazés »), 54 (« aux chambres à gaz », « sélectionnés pour les chambres à gaz »), 55 (« gazer les enfants »), 60 (« envoi dans les chambres à gaz »), 61 (« la chambre à gaz »), 62 « la chambre à gaz était au bout »), 63 (« les chambres à gaz », « gazé peu après »), 65 (« à la chambre à gaz »), 69 (« gazés », « expédia à la chambre à gaz »), 70 (« visiter les chambres à gaz »), 71 (« les poussait dans les chambres à gaz », « les chambres à gaz »), 72 (« toit de la chambre à gaz »), 73 (« passé dans les chambres à gaz »), 78 (« la chambre à gaz », « envoyés à la chambre à gaz »), 82 (« envoyé à la chambre à gaz »), 83 (« envoyé à la chambre à gaz », « passés à la chambre à gaz »), 84 (« à la chambre à gaz », « aller à la chambre à gaz », « aux chambres à gaz »), 85 (« à moitié gazés »), 92 (« elle avait été gazée »), 94 (« l’exécution au gaz »), 112 (« envoyés aux chambres à gaz »), 113 (« à la chambre à gaz »), 115 (« dans la chambre à gaz »), 118 (« scènes horribles devant les chambres à gaz »), 122 (« les chambres à gaz étaient bien remplies », « les chambres à gaz », « le chemin de la chambre à gaz »), 125 (« sur le chemin des chambres à gaz »), 128 (« envoyées à la chambre à gaz »), 141 (« plus assez de gaz », « les chambres à gaz »), 142 (« pénurie de gaz », « dans les chambres à gaz »), 146 (« la salle d’attente de la chambre à gaz »), 147 (« départ pour les chambres à gaz »), 150 (« dans la chambre à gaz »), 153 (« en direction des chambres à gaz », « les chambres à gaz ne suffisaient plus », « être gazés »).
[5] Le dessin n° 2 montre une arrestation devant deux bâtiments. On ignore si la scène se passe à l’intérieur d’un camp ou à l’extérieur, donc s’il s’agit, ou non, de baraquements.
[6] Sur le dessin n° 32, on reconnaît, en bas et à gauche, un des deux crématoires 4 ou 5 de Birkenau (à deux cheminées), et, en bas et à droite, l’un des deux crématoires 2 ou 3 du même camp (à cheminée unique, quoique celle-ci soit mal placée).
[7] Pour le dessin n° 31, il n’est pas certain que la scène se passe à l’intérieur du camp.
[8] Il est possible qu’il s’agisse de la sortie d’un ghetto.
[9] Voy. Ce Soir, 10 janvier 1945, article intitulé : « Majdanek, vision d’épouvante ».
[10] Voy. Les Izvestia, 8 mai 1945, article intitulé : « Les crimes monstrueux du gouvernement allemand à Oswiencim ».
[11] Voy. J.-C. Pressac dans Colloque de l’École des Hautes Études en sciences sociales, l’Allemagne nazie et le génocide juif (éd. Gallimard-Le Seuil, 1985), p. 540.
[12] Voy. P. Levi, Se questo è un uomo (Giulio Einaudi, Turin, 1958 et 1976), paru en français sous le titre J’étais un homme (Buchet/Chastel, 1961) puis sous celui Si c’est un homme (Julliard, 1987).
[13] Michel de Boüard, lui, s’est interrogé quant à la réalité de la « chambre à gaz » de Mauthausen, camp où il a été déporté (voy. Oues-France, 2-3 août 1986, p. 6.
[14] Voy. http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/art_et-camp.htm, paragraphe intitulé : « Les dessins d’enfants dans les camps ».

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+